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 Loose ends tangle down and then take flight but never tie us down [Ana & Gabriel ]

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police officer

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MessageSujet: Loose ends tangle down and then take flight but never tie us down [Ana & Gabriel ]   Jeu 21 Avr - 10:54

Voilà quelques jours qu’il est arrivé dans la ville d’Edgewood et il faut dire qu’il a du pain sur la planche. Le boulot ne manque pas et Gabriel n’a, absolument, pas le temps de s’ennuyer par ici. Et dire qu’il croyait être tranquille dans une si petite ville. Et finalement, non. Il n’a pas une minute à lui. Le travail lui prend beaucoup de temps mais à vrai dire, Gabriel ne s’en plaint pas. Ça lui convient parfaitement. Il aime le rythme de ses journées. Et puis, il a du pain sur la planche. Et pour cause, depuis que ce cadavre a fait surface, le flic n’a cessé de chercher des indices. Il a finalement réussi à trouver une piste le menant à ces deux gangs sévissant en ville. Les Crowbars, implantés depuis de nombreuses années, sans pour autant qu’il y ait de l’inégalité et les Sinaola. A vrai dire, ce sont des groupes qui ne se cachent pas. Et finalement, il a l’impression d’avoir mis le doigt sur un problème d’assez grande envergure. C’est qu’il semble y avoir des histoires de règlement de compte mais il n’en est pas certain. Aussi, il préfère donc mener sa propre enquête, l’approfondir du mieux qu’il peut. Pour cela, il se sert de ce qu’il en main. Cet article de journal, par exemple, qui détaille assez bien l’activité de ces hispaniques. Ils n’ont rien d’enfant de chœur et qui plus est, ne se cache pas du trafic de drogue qu’ils exercent sur la ville. Gabriel est certain qu’ils y sont pour quelque chose concernant ce meurtre. D’ailleurs, les pistes l’amènent à ce bar, le Devil’s Hive. Il semble que les Sinoala aient une forte influence dans ce lieu et il s’est donc décidé à se rendre à l’intérieur, après avoir passé quelques jours à épier les allées et venues des clients, du personnel. Dans le fond, Gabriel se dit que ce lieu n’a rien d’un bar anodin. Il semble y avoir d’autres activités tout autant illégales les unes des autres et qui se rapporte à l’article de cette Taylor. Les pistes se tiennent et finalement, il finit par entrer dans le bar. C’est la seule option qui lui vient en tête s’il veut avancer dans son enquête.

L’endroit est bondé. Mais il trouve, assez facilement, une place à une table assez reculée du bar. Sa position n’est que purement stratégique car elle lui permet d’observer autour de lui. Une serveuse vient prendre sa commande et il se contente d’un verre de scotch. Tandis qu’il attend d’être servi, le blond jette un énième coup d’œil aux alentours. Il sait que la réponse à ses nombreuses questions ne sera pas affichée sur un mur. Et il cherche une personne en particulier. A vrai dire, il l’a déjà repéré durant tout le temps où il a observé les allées et venues dans l’entrée du bar. Il ne saurait expliquer le pourquoi du comment, mais il est convaincu qu’elle peut représenter une source d’informations. Est-ce son air fragile ? Il n’en sait rien, il a juste pris le temps de l’observer, dans ses moindres faits et gestes. Gabriel n’est pas du genre à se poser, éternellement, les mêmes questions. Il réfléchit, puis, il fonce. Aussi, le voici en plein dans la gueule du loup, tandis qu’il la cherche. Elle pourra, peut-être, lui être d’une grande utilité et il l’espère sincèrement. La serveuse lui amène son verre et il la remercie tandis qu’il boit une gorgée. Son regard azuré continue d’aller et de venir jusqu’à ce qu’il finisse par la repérer. Elle a toujours ce même regard et rien n’a changé en comparaison de ce qu’il a observé durant ces derniers jours. Gabriel n’est pas aveugle et il a clairement compris que ce bar se servait de ces filles non pas pour servir des clients mais bien pour être utilisée par les clients. La prostitution est une branche des activités des Sinoala.

Il cherche donc une manière idéale pour la faire venir. Dans le fond, la solution est plus qu’évidente. Mais s’il peut trouver une alternative, il est preneur. Il n’est pas du genre à payer pour passer la nuit avec quelqu’un. Il ne l’a jamais fait ayant connu qu’une seule et longue histoire d’amour avec sa meilleure amie d’enfance. Mais s’il doit le faire une fois pour voir son enquête avancer, alors il sera prêt à le faire sans forcément aller plus loin. Aussi, il fait un signe à la serveuse de venir. Et lorsqu’elle est devant lui, il lui demande alors : « Pouvez-vous lui dire de venir ? » Il pointe le doigt vers la fille en question avec un petit sourire sur les lèvres. Autant jouer le jeu à fond tant qu’il est là. La serveuse lui sourit, puis tourne les talons et se rend donc vers la brune. Durant tout le temps où elle lui parle, Gabriel ne cesse de la dévisager. Il songe à ce qu’il va devoir lui dire, à comment il devra la cuisiner pour lui soutirer des informations tout en espérant qu’elle aura de quoi satisfaire sa curiosité et qu’enfin, il trouvera des réponses à ses nombreuses questions.


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MessageSujet: Re: Loose ends tangle down and then take flight but never tie us down [Ana & Gabriel ]   Jeu 21 Avr - 17:52


LOOSE ENDS TANGLE DOWN

AND THEN TAKE FLIGHT

BUT NEVER TIE US DOWN


gabriel & ana



« Vous pensez encore être en sécurité ? N'entendez-vous donc pas votre voisin parler de ces jeunes filles - typées, magnifiques et aguicheuses ? N'entendez-vous pas ces rumeurs parcourir la ville ? N'entendez-vous donc pas les rumeurs qui se répandent concernant le Devil's Hive ? Etes-vous si convaincus que tout ira pour le mieux, que vous préférez faire comme si l'agression de Gabriella Vasquez - nièce adorée de Maria, notre commerçante favorite depuis des années - n'était pas arrivée ? Cessez donc de vous leurrer, et ouvrez les yeux chers citoyens !

Ils sont parmi nous. Ils ont décidé de sortir de l'ombre car nous les avons laissé faire. Ils ont pris le pouvoir. Personne ne semble pouvoir les empêcher de nuire - personne.
»

Elle a beau lire, relire cet article, ce nœud formé à l’estomac ne semble pas vouloir la laisser tranquille. Taylor a écrit. Taylor a compris. Taylor a trouvé les réponses malgré son silence. Elle n’a pas revu son amie depuis que cet article a vu le jour – et elle a esquivé tous ses appels. Car elle le sent, son amie sait. Elle ignore comment, mais elle se doute qu’elle est à l’origine de sa découverte – d’une manière ou d’une autre, Taylor avait dû obtenir les informations par son biais. Comment sinon aurait-elle pu avoir les informations nécessaires pour écrire pareil article sur les Sinaola ? Comment ? Elle avait beau se poser la question en boucle depuis quelques jours, elle ne trouvait pas de réponse. Pas satisfaisante tout du moins. Alors elle esquivait, tout et tout le monde. Elle ne se rendait qu’au Rital, au club de boxe, chez elle et au Devil’s Hive. Elle ne sortait plus, n’allait plus voir aucun match de football ou de concours de rodéo – qui pourtant restaient la célébrité première en ville. Jusqu’à ce qu’ils prennent entièrement le pouvoir, pensa-t-elle. Bientôt, il n’y aurait plus de Falcon, plus de Eagles, plus de concours. C’était ces pensées négatives qui l’effrayaient le plus. Ana était une femme positive, qui ne pouvoir pas percevoir la vie sans optimisme. Pourtant, depuis qu’elle était prise dans le tourbillon infernal des Sinaola, cette joie semblait la quitter petit à petit. Elle parvenait parfois à se secouer et à se gifler intérieurement, car elle refusait de perdre cette qualité qu’elle chérissait plus que tout. Elle refusait de s’effondrer et de céder aux ténèbres qui l’engouffraient. Elle refusait de capituler.

Mais c’était de plus en plus dur lorsqu’elle se trouvait au Devil’s Hive. Dans ce bar jouxtant ces chambres puantes, dégradantes et imprégnées de ces actes dont elle avait honte. Elle connaissait les lieux par cœur à présent. Aussi sûrement qu’elle connaissait le Rital ou le club de boxe – ses lieux de prédilection. Elle ne ressentait pas ce calme enivrant et cet apaisement certain ici. Alors, pour se donner du courage, elle s’imaginait en cuisine ou en train de frapper ce punching-ball qu’elle adorait tant. Elle s’imaginait ailleurs. Elle tentait de quitter son corps pour voyager ailleurs le temps que ce cauchemar prenne fin. Pure utopie, bien sûr. « Ana. On te réclame, ma belle. Et souris, parce que tu aurais pu tomber plus mal… » lui annonça l’une de ses « collègues » avec qui elle s’entendait plutôt bien – si on omettait le fait qu’elle prenait plus de plaisir à bosser ici qu’elle. Elle souriait facilement, se soumettait plus facilement et s’adaptait plus facilement à son destin chaotique. Elle l’enviait quelque part. Ce devait être tellement plus simple d’accepter… Ana dirigea son regard vers la table que Salima lui indiquait d’un mouvement de tête, et croisa celui du grand blond aux yeux bleus qu’elle avait déjà repéré quelques fois dans les parages.

Avant, elle se serait demandé qui il était. Avant, elle lui aurait souri. Avant, elle lui aurait souhaité la bienvenue en ville. Avant, elle aurait été plus avenante, plus ouverte, plus sociable. A présent, elle se méfiait de tout et tout le monde. Elle était plus prudente, plus irritable sans doute aussi. Moins naïve. Il lui était arrivé d’avoir affaire à de gros pervers, et de gros sadiques – et même si elle les comptait sur les doigts d’une main, elle savait mieux que personne que le Mal pouvait prendre un visage angélique pour amadouer ses proies. Il était beau, mais il la demandait. Et il ne la demandait pas pour une commande quelconque. Alors, elle prit son temps pour le rejoindre, le dévisageant ouvertement. Elle ne le lâcha pas du regard, non seulement pour tenter de cerner à quel homme elle devrait se donner cette nuit, mais également pour jouer son rôle de « femme de petite vertu » comme elle le devait. Elle lui adressa un sourire – et même si le cœur n’y était pas, elle savait que la plupart des hommes s’en moquaient et se contentaient de ce sourire fictif. « Bonsoir... » dit-elle d’une voix de velours et pleine de promesses. Il lui avait fallu des semaines avant de trouver le bon ton. La comédie, ce n’était pas trop son domaine. « Je peux faire quelque chose pour te satisfaire ? » demande-t-elle de façon aguicheuse. Elle ne se reconnait pas et déteste la femme qu’elle joue. « N’importe quoi pour ces beaux yeux bleus, » lui sourit-elle pour accentuer ses propos. Après tout, c’est vrai. Elle était déjà tombée plus mal.







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MessageSujet: Re: Loose ends tangle down and then take flight but never tie us down [Ana & Gabriel ]   Sam 23 Avr - 17:43

Il réalise qu’accoster une prostituée n’a jamais fait partie de son mode de vie. Bien sûr, il y a eu ces blagues d’étudiants entre copains, des trucs puérils mais des bêtises d’hommes. Cependant, il n’a jamais été capable d’aller au delà de cela. Ça ne faisait pas partie de ses convictions, de son mode de vie, de son éducation aussi. Gabi n’a jamais compris l’intérêt de ces hommes payant pour le plaisir. A la rigueur, il se disait qu’ils devaient être sacrément en manque. Il n’a jamais, vraiment, ressenti un tel manque au point de devoir payer pour s’envoyer en l’air et cette conviction s’est, encore, plus renforcée lorsqu’il est devenu flic. Forcément, la prostitution restait l’un des des domaines auquel tout policier – non-ripou il faut dire – se battait partant du principe que la Loi Capitale la rendait illégale. Aussi, il a l’impression d’enfreindre ses principes bien qu’il part du principe qu’il n’est pour le boulot, qu’il ne cherchera qu’à obtenir des indices pour son enquête. En attendant, il sirote son verre posant un coude sur la table, et y déposant sa joue sur son poing. Il attend patiemment le visage, néanmoins, détendu, observant le visage de la brune. Il n’en perd pas une miette jusqu’à ce que son regard finisse par s’accrocher au sien. Et lentement, elle vient vers lui, sans jamais cesser de le dévisager. Attitude un brin provocante mais aguichante, il sent son cœur s’emballer mais se prend au jeu de ne jamais baisser les yeux. Il pourrait presque le faire pourtant. C’est qu’il se sent un brin gêné. Regarder fixement quelqu’un, c’est toujours malpoli. Et pourtant, là c’est extrêmement différent.

Il tient à ne pas baisser les yeux. Il a l’impression qu’en faisant cela, il montrerait, alors, un signe de faiblesse. L’égo masculin qui parle sans aucun doute. Aussi, ses yeux bleus se vissent dans ceux de cette fille. IL la dévisage avec l’impression qu’il pourrait sonder son être entier, aller au plus profond de son être alors qu’il n’en est rien. Mais l’attitude parle quand l’esprit demeure muet. Quand elle arrive devant elle, il demeure muet. Après tout, il y a l’appât du gain qui reste en jeu. N’est-ce pas elle qui bosse ? Et quand bien même, il se doit de garder ce rôle qu’il joue… Ce rôle qui ne lui ressemble pas… Et il est étonné de sa voix, si sensuelle mais à la fois si jeune. Quel âge peut-il lui donner ? Il n’en sait rien, elle a l’air terriblement jeune de par la rondeur de ses joues et Gabriel n’a pas d’idée précise. De toute façon, les femmes de petite vertu ont n’importe quel âge, c’est juste la vie de merde qu’elles ont en commun. Elle demande ce qu’elle peut faire pour le satisfaire tandis qu’il reste à la fixer, sa joue appuyée sur sa main, sans rien dire. La phrase qu’elle ajoute, achève de le faire sourire répondant, ainsi, à celui qu’elle lui glisse. « A vrai dire… Pleins de choses…Sauras-tu être à la hauteur ? » Murmure-t-il avec un petit sourire en coin. Son regard étincelle et il a conscience du poids des mots. De ce « pleins de choses » qui dégagent bien des sous-entendus. Après tout, il est évident qu’avec ce genre de femmes, on évite de se regarder dans le blanc des yeux ou de raconter sa vie. Avec ce genre de femmes, il n’y a qu’une seule issue.

Il finit par redresser la tête, reposant sa main sur la table. Il n’en perd pas le nord, ni l’envie de lui sourire. Il doit penser à sa mission, il est là pour le travail après tout et il a l’impression qu’il se laisse facilement distraire par l’intensité de ses prunelles. « Mais sinon, je voudrais un moment de plaisir avec un si joli visage… » Ajoute-t-il avant de prendre une nouvelle gorgée de son verre et de le reposer tout doucement. Elle est toujours en face de lui, et de nouveau, il repart dans ce jeu de l’observation fixe. Ça crée une sorte de sensation d’adrénaline. « Je me dis que, rien qu’en te regardant, tu dois avoir de multiples talents. Et je suis curieux… » Son sourire s’élargit. Gabriel semble se lancer dans une attitude bien séductrice tout en gardant le fait qu’il est avant tout client. Et qu’il est roi. Alors, il pense à son rôle à jouer et finit par ajouter, d’une voix, certes, moins charmeuse, que précédemment : « On ne va pas rester là, à se raconter nos existences communes. Alors faisons les présentations vite fait, bien fait : combien tu prends ? » Lui dit-il en espérant qu’à l’issue de cela, il pourra quitter ce bar et finir par se retrouver avec cette fille, pour bien mieux… la cuisiner. Mais à sa manière…






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MessageSujet: Re: Loose ends tangle down and then take flight but never tie us down [Ana & Gabriel ]   Mar 26 Avr - 17:50


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gabriel & ana



Elle n’était pas une pute. Elle n’était pas une femme de petite vertu. Elle n’était pas née pour faire le trottoir et offrir son corps au premier venu. Elle n’était pas faite pour partager son lit avec plusieurs amants. Elle n’était pas faite pour cette vie de débauche. Elle avait envie de le crier chaque soir, chaque jour et chaque seconde. Elle avait envie que quelqu’un s’en rende compte, tôt ou tard. Elle avait envie de l’exprimer avec ses yeux. Elle avait envie de l’exprimer avec ses lèvres. Mais ces dernières étaient soudées par un fil de fer invisible. Elle était prise au piège, un peu plus chaque jour, et ne parvenait pas à trouver de solution. Elle ne parvenait pas à trouver l’espoir qu’un jour, son cauchemar prendrait fin. Elle n’arrivait pas à trouver son optimisme éternel dans son cœur – il désertait chaque jour plus encore. Si elle maîtrisait à la perfection l’art de mentir depuis quelques temps, elle avait encore beaucoup à apprendre – certains lui avaient reproché son manque d’enthousiasme. Son manque d’originalité et d’audace. Certains la voulaient docile et obéissante, d’autre la voulaient aguicheuse et entreprenante. Elle ne savait faire ni l’un ni l’autre, quand le désir n’était pas là, quand l’affection n’était pas là et quand le dégoût prenait toute la place – elle était juste incapable de faire semblant. C’était plus simple alors de se soumettre et de subir, d’attendre que ça passe. « On ne te demande rien d’autre, A. » Il ne l’appelait jamais pas son prénom – c’était trop personnel. Et Benicio refusait tout sous-entendu personnel entre eux. Pourtant, dans son regard elle percevait à chaque fois cette lueur qu’elle n’arrivait pas à définir : désir, frustration, irritation, colère, haine. Ou tout ça en même temps. Avec Benicio, tout était compliqué et contradictoire. Elle le haïssait de toutes ses forces, mais elle ne pouvait s’empêcher d’être fascinée. Elle le craignait de ton son être, mais se sentait en sécurité qu’avec lui lors de ces soirées morbides. Elle ne supportait pas l’idée de le voir, mais était soulagée quand elle l’apercevait. « Sois belle et tais-toi. Ça ne devrait pas être bien difficile, hum ? » Connard.

Pourtant, dans ce regard océan elle ne perçut aucune perversité et aucun désir de violence. Ce qui était déjà un bon point. Si elle n’était pas faite pour aimer le sexe – et surtout le sexe sans signification – elle essayait tant bien que mal de se rassurer avec les clients les plus « sympas ». Si elle passait la soirée avec l’un d’eux, elle arrivait à se convaincre que sa soirée n’avait pas été si mauvaise. Elle pleurait ensuite pour cette idée sordide et pour ce constat malheureux que sa vie était devenue ainsi : se dire qu’elle pouvait être contente parce qu’elle ne coucherait pas avec un taré ce soir-là. D’un mouvement de tête qu’elle voulut sexy, elle mit de côté ses pensées moroses pour se concentrer sur le blond qui la réclamait : elle et personne d’autre. Elle sourit à sa provocation et son défi évident. Sourire. Rire, s’il le faut. Prétendre. Faire semblant. S’amuser. Oublier. Tels étaient les mots d’ordre pour Ana Moldavan. « Beau blond… je suis toujours à la hauteur, » promit-elle – bien que ce fut un pur mensonge et il le découvrirait tôt ou tard. Elle n’arrivait pas encore à être totalement à l’aise dans l’art de prétendre prendre du plaisir avec un homme. Et si les clients boudaient cette évidence, les Sinaola n’hésitaient pas à lui mettre la pression à ce sujet. « Mais sinon, je voudrais un moment de plaisir avec un si joli visage… » Elle tique légèrement à ce compliment inhabituel. Les mots tels que « bonne », « sexy », « hot » et « salope » sont souvent récurrents dans son monde de la nuit, mais jamais encore on ne l’avait complimenté sur son visage. Elle n’osait plus se regarder dans le miroir depuis quelques mois, à tel point que le maquillage avait déserté sa salle de bains. La honte avait un pouvoir puissant sur les gens. Elle ne baisse pas le regard, le laissant l’observer à sa guise sans ciller – bien que l’envie est forte de laisser le naturel reprendre le dessus. D’avaler difficilement sa salive. De détourner les yeux. De contrôler sa respiration. De trembler de dégoût et de peur. Ce serait tellement facile. Mais elle sourit. Elle garde son regard brun planté dans celui, bleu, du jeune homme qui paie pour cet entretien. Elle se demande pour quelles raisons il est obligé de payer, car avec son physique d’apollon elle en était certaine, il ne pouvait rencontrer aucun obstacle quant à conclure avec une femme gratuitement. « On ne va pas rester là, à se raconter nos existences communes. Alors faisons les présentations vite fait, bien fait : combien tu prends ? » La réalité la rattrape de plein fouet et ses traits tressautent légèrement à cet instant, qu’elle dissimule presque aussitôt. A quoi s’attendait-elle ? Elle retrouve son sourire et tout en se raclant la gorge, répond d’une voix doucereuse. « Je m’appelle Ana. Mais tu peux m’appeler comme tu veux… Et je vaux 75 dollars de l’heure. Crois-moi… tu ne le regretteras pas. » Tout est calculé. Tout est entraînement. Tout est déjà prémédité. Les prix, les phrases typiques pour aguicher et flirter. Elle devrait demander une centaine de dollars depuis quelques jours, mais elle se sent toujours mal à l’aise quand il faut aborder le sujet de l’argent. Habituellement, ce sont EUX qui gèrent cet aspect-là de sa vie. Elle n’a rien à dire, rien à demander. Mais à cet instant, c’est elle qui gère sa soirée. « Et puisque tu sembles ne pas vouloir tourner autour du pot et t’éterniser plus longtemps… » dit-elle en se relevant lentement, penchée en avant pour qu’il puisse admirer son décolleté plongeant – bien qu’elle soit consciente de ne pas avoir LA poitrine parfaite pour ce genre de provocation – elle pose sa main sur la sienne et en une caresse l’invite à la suivre.

Elle ne vérifie pas qu’il est bien derrière elle. Elle ouvre la porte de la chambre du motel qui lui appartient pour la soirée – après avoir vérifié que personne ne se trouve dans les parages. Elle laisse la porte ouverte, laissant la possibilité au beau blond de refermer derrière lui. Et s’arrête près du mini-bar. Son cœur bat la chamade, car même si elle a à présent l’habitude de ces nuits où la chair rencontre la chair, elle n’est pas plus à l’aise ce soir que la veille. « Un désir en particulier ? » demande-t-elle alors, souriante et mystérieuse au possible, reine de promesses.




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MessageSujet: Re: Loose ends tangle down and then take flight but never tie us down [Ana & Gabriel ]   Mar 26 Avr - 19:29

Il se sent un peu salaud sur les bords, de devoir lui parler ainsi, lui rappeler la condition de ce qu’elle est, son statut si on peut parler ainsi. Il en a souvent croisé des prostituées dans le cadre de son boulot. Mais à Chicago, c’était différent. Déjà, il évitait de s’occuper des enquêtes anodines ou des plaintes liées à des cas de maltraitances. Et quand bien même, il avait affaire à ces femmes, c’était alors pour des témoignages, pour une enquête dans laquelle, il n’avait jamais eu besoin de se perdre dans un rôle qui n’était pas le sien. Or là, les choses sont bien différentes, Gabriel le ressent, y compris dans sa manière d’être. Il a l’air de se comporter comme un batard, de laisser entrevoir que la seule chose qui l’importe, c’est de la baiser. Il se conforte dans ce rôle, il ne veut pas qu’elle puisse griller sa couverture ou autre. Alors, il termine le contenu de son verre tandis qu’elle indique son prénom et son tarif pour une heure de plaisir. Sa dernière phrase lui arrache un sourire. Ne pas le regretter ? Il espère bien, il n’attend que ça. Ne pas regretter d’avoir eu raison de l’avoir choisi elle. Non pas pour son corps, mais pour ce qu’elle pourrait lui donner comme informations. Et il est aussi vrai qu’il n’aurait – dans d’autres circonstances – pas dit non. La demoiselle est vraiment mignonne et puis, elle a un petit côté innocent qui est plaisant à voir. A croire que derrière un visage d’ange se cache tout un tas de secrets bien gardés. Il l’espère sincèrement. Mais en attendant, il se prête à ce jeu qui semble se créer. Il y a comme une tension qui se dégage d’elle, la même que la sienne, se confrontant entre eux… Et ce, dans un terrible échange de regards neutres de toutes intentions. « J’en suis sûr que je ne le regretterais pas… Ana… » Se contente-t-il de murmurer avec un petit sourire en coin, insistant sur la délicate sonorité de son prénom, délaissant un billet sur la table afin de payer sa consommation.

Elle se relève, alors, dans une attitude des plus aguichantes. Et le regard du blond n’hésite pas à lorgner le contenu, détaillant les courbes sinueuses de son corps tandis que la main de la brune effleurer la sienne. Gabriel se lève de sa chaise et la suite tout en respectant une distance. Ce n’est pas par répugnance, non, mais plutôt par respect. Et puis, il a son propre espace vital et depuis, son divorce, il faut dire qu’il laisse difficilement les autres l’approcher. Il est méfiant et son cœur a été bien trop brisé par Livia pour qu’il puisse donner, de nouveau, sa confiance. Alors, il maintient cet espace y compris quand ils sortent du bar pour prendre l’escalier menant aux chambres du motel. Là encore, son regard azuré ne cesse d’aller et de venir, détaillant avec insistance la silhouette fine se trouvant devant lui. Il y a quelque chose en elle… De différent. Il ne sait pas quoi à vrai dire. Il se dit que c’est l’effet « nouveauté », que c’est bien la première fois qu’il se range dans le rôle d’un client. Et sa situation se juxtapose avec le chaos régnant dans sa propre vie, dans ce fouillis de débris épars sur le sol, tandis qu’il essaye de se reconstruire petit à petit. Gabriel demeure muet. Il n’est pas du genre à parler et ne saurait d’ailleurs trouver un sujet adéquat. Alors, il se contente de rentrer dans la chambre miteuse où Ana se trouve au fond, près du mini bar. Lui, se contente de jeter un coup d’œil aux alentours avant de de rentrer et de fermer la porte.

Tout le bruit qui se trouve dehors, est d’emblée ténu. Le bruit n’est alors qu’un vague murmure, issu de la population se trouvant dans le bar. Ça marche bien ce soir on dirait. Mais à vrai dire, le chiffre d’affaires de ce bordel l’importe peu. Lui ce qu’il veut, c’est comprendre. Il espère qu’il pourra avoir ses réponses sans forcément perdre le peu d’intégrité qu’il lui reste. Mais est-ce vraiment perdre sa dignité ? Gabriel ne le sait pas. Il avance dans la chambre et regarde un peu de partout. Une caméra… Des micros… Il ne pense que tout ça se trouve ici. Et puis, il n’y a rien d’alarmant en dehors du décor sommaire de la pièce. La voix d’Ana le ramène à la réalité, lui rappelant qu’il n’est pas très habituel de s’inquiéter de la décoration. Cette dernière est simplement la femme se trouvant à l’opposé de là où il se tient. Sa question le fait sourire. Et doucement, il colle son dos contre la porte d’entrée, plongeant ses mains dans les poches de son jean. Le geste tire doucement sur la pression arrière du tissu, lui faisant sentir la froideur de son arme qu’il garde dans son dos, ne sait-on jamais. Il a appris de cette ville qu’il vaut mieux demeurer protégé… Juste au cas où. Pourtant, il n’a aucune crainte face à Ana. Il se contente de lui sourire de manière fort énigmatique. « Tu as dit que je ne regretterais pas… Prouve-le moi. Je te l’ai déjà dit… Mais je suis de nature curieuse et tu m’intéresses Ana.  » Finit-il par dire en ne la quittant pas des yeux… Pas une seule fois d’ailleurs. A croire qu’il cherche la moindre fissure qui lui permettra alors de l’avoir à sa merci.






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MessageSujet: Re: Loose ends tangle down and then take flight but never tie us down [Ana & Gabriel ]   Mer 27 Avr - 19:00


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A bien y réfléchir, le beau blond était sans doute le premier client qui ne lui donnait pas envie de partir en courant. Il était le premier client à lui inspirer de la sympathie – de la sympathie ! riait-elle intérieurement. Il était le premier client à sembler la respecter. Il gardait une distance certaine pour ne pas la brusquer. Il ne la regardait pas comme si elle n’était qu’un morceau de viande, un objet sexuel potentiel ni même comme si elle n’était qu’une putain de plus dans sa vie. Il ne semblait pas être habité par un démon quelconque – mais elle savait pertinemment que ce dernier pouvait revêtir le plus beau des masques avant de se montrer sous son vrai jour. Pourtant, naïve ou pas, elle sentait que ce n’était pas le cas du jeune homme. Non, il n’était pas violent et la nuit ne serait pas douloureuse. Peut-être que son âme était atteinte et meurtrie. Peut-être l’était-elle-même déjà trop. Peut-être que sa vie à présent ne pouvait être sauvée. Peut-être était-elle destinée à assouvir les désirs de tous ces clients qui ne cessaient pas d’augmenter depuis des semaines, jusqu’à la fin de ses jours – non, Ana… jusqu’à ce que tu ne ressembles plus à rien. Qu’arriverait-il alors ? Tout en marchant jusqu’à cette chambre de motel, elle se pose la question alors. Elle lui tourne le dos et peut aisément cacher le fait qu’elle ne sourit plus. Qu’elle sait son destin tragique. Qu’elle sait que sa vie prendra fin le jour où elle ne servira plus à rien aux yeux des Sinaola. Elle en prend pleinement conscience ce soir et cela l’effraie au plus haut point. Car aussi merdique que sa vie puisse paraitre à cet instant, elle ne souhaite pas mourir ni finir dans un caniveau, une seringue dans le bras avec pour seul souvenir ces nuits dégueulasses à s’envoyer en l’air avec des inconnus – parfois trop pervers et trop violents pour ne pas la hanter la nuit. Elle ne pouvait pas abandonner l’espoir de s’en sortir. Elle ne pouvait pas. Elle se retourne et sa panique laisse place au sourire coquin qu’elle se doit d’offrir à son client qui lui apporte ce petit regain d’espoir. Car c’est la gentillesse et la douceur qu’elle perçoit dans ses yeux qui comptent et non ce pourquoi il la paie. « Tu as dit que je ne regretterais pas… Prouve-le moi. Je te l’ai déjà dit… Mais je suis de nature curieuse et tu m’intéresses Ana. » Entendre de nouveau son prénom dans sa bouche lui semble étrange et lui fait étonnement plaisir. Pourquoi l’intéressait-elle à ce point ? Pourquoi l’intriguait-elle ? Pour l’intriguait-il ? Pourquoi ? Pourquoi ? Elle devait oublier le pourquoi du comment et agir enfin – il payait et ce n’était pas pour répondre à des questions existentielles. « Alors assieds-toi, beau blond. » Ce qu’il fait, sans la quitter des yeux. Elle ignore quelle est cette étincelle qu’elle perçoit dans son regard, de l’euphorie ou de l’intérêt, mais elle décide de ne pas s’y attarder. Lentement, elle s’approche de lui et le contourne, laissant sa main aller de sa main à son épaule en une caresse prometteuse. Elle sent, à travers sa chemise, la force de ses bras et cela la charme. Depuis combien de temps rêve-t-elle d’un homme fort et sûr venu la sauver des griffes des monstres qui tiennent sa vie entre leurs mains ? Trop longtemps. Elle sait que c’est utopique, mais elle s’imagine tout révéler au jeune homme et le voir se relever et, sûr de lui, lui assurer qu’elle n’a plus rien à craindre. Elle rit. Jaune. Intérieurement. Elle glisse sa main sous le col de sa chemise, rencontrant sa peau – douce, ce qui la surprend – et le frôle pour qu’un frisson le parcoure. Elle sait se montrer délicate – c’est d’ailleurs ce qu’elle fait de mieux – et elle sait que c’est ainsi qu’il a envie qu’elle soit. « C’est la première fois que je te vois par ici… une trop dure journée pour passer la nuit seul ? » demande-t-elle pour faire la discussion, tout en le massant légèrement et sensuellement. Elle n’oublie pas que c’est le plaisir charnel qui les lie, mais elle apprécie la voix et le respect du jeune homme. Elle tient à en profiter. Ses mains se font baladeuses sur sa peau, et bien qu’elles soient fraiches comparées à la sienne, il ne semble pas s’en plaindre. Ses mains descendent légèrement plus bas, sur son torse et ses doigts effleurent l’un de ses tétons durcis – par le froid ou le plaisir, peu importe. Elle s’abaisse pour que son souffle se fasse chaud à son oreille. « Je peux t’avouer quelque chose ? » murmure-t-elle, se sentant puissante pour la première fois dans son jeu de comédienne. « Tu es le premier avec qui je suis réellement ravie de passer la soirée… » et ce n’est pas si loin de la vérité.



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MessageSujet: Re: Loose ends tangle down and then take flight but never tie us down [Ana & Gabriel ]   Mer 27 Avr - 23:13

Gabriel est ce genre d’hommes qui se posent beaucoup de questions. Les remises en question, chez lui, sont assez quotidiennes. Surtout ces derniers temps il faut dire. Aussi, son esprit ne cesse de réfléchir à ce qu’il est en train de faire, à ce qu’il fait, ses décisions, ses choix, son mode de vie. Tout lui revient en tête alors qu’il fixe la prostituée d’un œil se voulant neutre. Il ne sait s’il a une attitude adéquate. Enfin, il sait qu’il ne se comporte pas comme l’homme avide de tirer son coup et de se casser comme s’il venait de s’acheter un peu de junk food et qu’il n’avait plus qu’à jeter le tout à la poubelle, une fois consommé. Il ne peut se comporter comme tel, c’est au dessus de ses forces. Alors, il préfère s’entourer d’une part de mystère, de se montrer avenant sans pour autant franchir certaines limites. Elle aurait vite fait de comprendre que quelque chose ne tourne pas rond. Aussi, chaque phrase, chaque mot, chaque respiration sont mesurés pour rester le plus simple possible. Il ne la traite comme la simple femme qui donne du plaisir, non… Il la traite comme l’être humain qu’elle est… Son égal, sans pour autant qu’il y ait une quelconque attitude de dominant/dominé. Il ne pourrait se comporter comme ces connards dont ils croisent le chemin, tous ces hommes frustrés et ne jugeant que par la violence, tout ce que lui n’est pas. Alors, il se contente de rester neutre, de dissimuler le manque de pratique par l’envie de lui laisser les rênes. Après tout, n’est-elle pas censée lui donner ce qu’il désire. Au moins, elle pige vite et il ne peut empêcher ce sourire d’apparaître sur son visage lorsqu’elle lui dit s’asseoir. Il ne dit rien, se contentant d’obéir simplement sans jamais baisser les yeux, pas une seule fois. A chaque fois, il ressent cette contracture au niveau de l’estomac. Et puis, le blond a l’impression qu’une sorte de jeu est en train de s’immiscer… Un peu comme celui qui perd parce qu’il n’aura pas maintenu ce lien visuel. C’est provocant et à la fois, terriblement excitant. Et quand bien même, il est flic, quand bien même, elle n’attire son intérêt que par les informations qu’elle peut lui donner, Gabriel demeure un homme dominé par ses instincts primitifs s’éveillant dès lors qu’elle s’approche et pose une main sur lui.

Si au début, ses muscles se crispent légèrement à ce contact, Gabriel finit, néanmoins, par se détendre. Que peut-il craindre d’elle à part qu’elle déclenche d’irrémédiables frissons par le simple de lui parler ou de lui sourire ? Il n’en sait rien et il se laisse docilement faire. Lorsqu’elle évoque la nouveauté de sa présence, il ne cherche pas à rentrer dans des explications bien compliquées. « T’as vu juste. La solitude était bien trop pesante ce soir et j’ai vu de la lumière par là… » Se contente-t-il de répondre en pouffant légèrement. Il se sent con de dire ça. A vrai dire, il ne peut dire la vérité. L’humour à deux balles est une solution alternative. « Et puis, je t’ai vu et j'ai voulu plus... » Ajoute-t-il en tournant la tête légèrement. Ses yeux arrivent à voir la main posée sur son épaule, cette main qui le masse doucement, qui se glisse sous son haut, entrant en contact avec sa peau. La chair de poule apparaît alors. Il a l’impression que cette réaction lui est étrangère mais dans le fond… elle est tout autant appréciable. Et cette sensation se diffuse dans son être entier et s’intensifie lorsque le souffle de la jeune femme se pose contre son oreille. Il tourne légèrement la tête, son oreille se rapprochant un peu plus du souffle ténu, l’écoutant lui murmurer cette confidence. Il lève un sourcil et regarde droit devant lui : « Le premier, vraiment… ? » Il secoue la tête légèrement : « Et pourquoi ça ? Les autres sont si affreux que ça ? Enfin, je dis ça … Mais je ne connais pas cette ville et ses habitants… » Dans le fond, il se doute bien que ça doit être tout sauf agréable. Il n’a jamais vu de prostituées heureuses de leur job. Sa question peut, d’ailleurs, paraître innocente mais il n’en demeure pas moins vrai que tout ce qu’elle dira, ne passera pas dans l’oreille d’un sourd. « Je peux te poser une quesion ? » Se risque-t-il à demander tout en pivotant sur lui-même afin de pouvoir lui faire face. En tournant, Gabriel attrape les poignets d’Ana, sans aucune brusquerie, ni agressivité, la fixant d’un regard curieux mais sans aucune once de méchanceté, ni rien. C’est plus dans l’idée de l’empêcher de se redresser, pour que son visage reste au niveau du sien. « ça fait longtemps que … t’exerces ? »




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MessageSujet: Re: Loose ends tangle down and then take flight but never tie us down [Ana & Gabriel ]   Ven 29 Avr - 19:01


LOOSE ENDS TANGLE DOWN

AND THEN TAKE FLIGHT

BUT NEVER TIE US DOWN


gabriel & ana



Elle ne peut s’empêcher de comparer cette scène à celle de films typiquement malsains. Lorsqu’une femme se veut provocatrice, charmeuse et aguicheuse afin de réveiller le plaisir de sens de son partenaire. En l’occurrence, Ana souhaiterait être ailleurs et ne jamais avoir à jouer à cette femme-là. Sauf qu’elle est bien là, souriante, charmeuse, provocante et sensuelle à souhait. Et qu’il est bien là, assis sur ce fauteuil de bon marché, charmant et sexy – elle devait bien le reconnaitre – à attendre qu’elle lui découvre ses multiples talents. Si elle lui avait promis qu’il ne serait pas déçu, il ne se doutait pas un instant à quel point il le serait. Toucher un homme, l’embrasser, le caresser et être touchée, caressée et embrassée par un inconnu n’était pas du tout sa tasse de thé – surtout pas quand elle gardait en tête le fait qu’ils la payaient pour obtenir satisfaction. Et aussi diablement sexy et charmant qu’il fut, le jeune homme qui lui faisait face avait payé autant que les autres pour se distraire. Avec elle. Il l’avait choisie, elle spécifiquement. La dernière fois que cela était arrivé, c’était un flic qu’elle « connaissait » de vue qui l’avait réclamée. Uniquement parce qu’elle l’avait vu, qu’il l’avait vue et qu’ils détenaient à présents les secrets de l’un et de l’autre. Oh bien sûr, Samuel avait bien profité de cette soirée tout de même pour assouvir un besoin physique. Elle avait accepté car : elle n’avait pas le choix et n’avait pas le droit de le lui refuser. Il pouvait tout aussi bien aller se plaindre auprès des Sinaola et la mettre dans de beaux draps. Un de plus ou un de moins… elle s’était imaginée pendant une fraction de secondes qu’elle serait libre pour une nuit, libre de dormir et de ne pas laisser son corps subir d’autres « sévices », aussi doux que Samuel avait pu l’être. Elle ne pouvait pas apprécier ce corps à corps – aucun d’entre eux d’ailleurs. Elle n’y arrivait tout bonnement pas. Et tout en effleurant la beau blond, inconnu à son regard, et en lui promettant une nuit merveilleuse, elle savait déjà qu’elle ne pourrait pas pleinement apprécier ce corps à corps non plus.

Elle sourit à ses paroles, sans totalement les entendre. Elle sent que c’est une personne gentille. Elle sent que c’est un homme habituellement rassurant et respectable. Elle sent qu’il ne lui fera jamais de mal – en tout cas pas cette nuit. Elle sent qu’elle peut être en confiance, et c’est déjà plus rassurant et plus appréciable que toutes ces autres nuits avec de parfaits étrangers. « Et puis, je t’ai vu et j'ai voulu plus... » Elle rit légèrement, un son rauque et sexy – paraitrait-il – qui avait déjà rendu plus d’un homme fou de désir pour la belle brune. Elle ignorait pourquoi, comment et s’en fichait pas mal tant que ça fonctionnait et que ça lui évitait d’être corrigée par ses bourreaux… « Hum… on me le dit souvent, » prétend-elle pour se donner un genre, pour aller jusqu’au bout de son rôle de femme fatale. Tout en continuant ses caresses, son massage délicat, et d’user de son souffle au creux du cou du jeune homme, elle écoute sa surprise et ses interrogations. Qu’elle ne soupçonne pas un instant. Qu’elle ne perçoit pas comme une menace. « Et pourquoi ça ? Les autres sont si affreux que ça ? Enfin, je dis ça … Mais je ne connais pas cette ville et ses habitants… » Elle émet un petit son rauque, comme si elle soufflait et riait en même temps. Sauf qu’elle rit jaune, car il n’a pas idée d’à quel point le monde est rempli de tarés. De tarés manipulateurs, violents, sadiques, pervers et qui cachent bien leurs jeux. Ah ça oui, elle avait déjà vu quelques horreurs depuis qu’elle bossait pour les mexicains. Une horreur et des démons qu’elle n’aurait jamais soupçonnés exister. Elle aurait d’ailleurs préféré ignorer leur existence. « La perversité humaine n’a pas de limite. J’ai beau le savoir, ça choque à chaque fois que cette vérité m’apparait. Mais toi… » dit-elle en arrêtant un instant ses caresses, pour se concentrer sur sa peau et son visage qu’elle aperçoit de profil. « Toi, tu n’es pas de ce genre. » C’était un fait. Un constat. Aussitôt, elle sursaute quand il se retourne vers elle et lui attrape lentement les poignets. Lentement, mais fermement pour l’empêcher de se détourner de son regard. « Je peux te poser une question ? » Elle sait qu’il va la poser quoiqu’elle dise. Pendant un court instant, elle laisse la peur s’infiltrer dans ses veines et elle le sait, ça se voit dans son regard. Alors elle relève légèrement le visage et reprend possession de ses moyens et lui sourit de nouveau, pour l’encourager à poursuivre. « Ça fait longtemps que tu exerces ? » Pourquoi cette question ? Pourquoi s’intéresser à son passé, à elle ? Quelle importance si ça fait longtemps ? Légèrement décontenancée et déconcertée, elle hésite et entrouvre les lèvres comme pour parler, sauf qu’aucun son ne sort. Que peut-elle répondre à cela. Elle joue un rôle, il faut qu’elle s’y tienne. Elle joue la comédie, il faut qu’elle persiste. Elle ne peut pas laisser sa vulnérabilité, son désarroi et son dégoût prendre le dessus. Elle ne le peut pas. « Tu as peur que je ne sois pas à la hauteur ? » demande-t-elle en souriant, d’une voix douce. Mais son regard, sérieux et serein, ne laisse aucun doute sur le fait qu’il attend une réponse sincère. Alors elle soupire légèrement et tente de cacher ses émotions réelles lorsqu’elle répond. « Depuis quelques mois. Si ça peut te rassurer, personne n’a eu à se plaindre jusque-là. » Puis elle s’agenouille entre ses jambes écartées, laissant ses mains remontées jusqu’à ses bras. Son visage si près du sien la déstabilise quelque peu pendant quelques secondes. « Et toi ? Est-ce la première fois que tu paies pour du plaisir ? Tu n’as pas du tout la carrure d’un homme qui en a besoin… » lui sourit-elle, sincère.


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MessageSujet: Re: Loose ends tangle down and then take flight but never tie us down [Ana & Gabriel ]   Mar 3 Mai - 22:03


Toutes ces questions le démangent. Il ne sait pas comment les poser mais il en brûle. Il veut savoir. Il veut connaître la part de vérité concernant cette ville et les habitants. Et ces deux gangs aussi, ceux qui sévissent dans les rues d'Edgewood. Gabriel se dit que ceux dont on pense le moins, sont ceux qui en savent le plus. C'est une règle mathématique, une logique implacable où dans toute enquête, le flic ira interroger le sdf plutôt que de faire confiance à la caméra de surveillance. Mais pour elle... C'est différent. Gabriel en a vu des prostituées entrer et sortir du bar, accompagnées ou seules. Mais elle, cette nana... A quelque chose de différent. Quelque chose qui l'émeut, lui rappelant vaguement un détail dont il ne se souvient pas. Ce n'est pas évident pour lui, cela dit. Se faire toucher de la sorte ne rentre pas dans ses attributs. Il n'a, pour ainsi dire, pas l'habitude. C'est con pourtant. Il devrait se laisser aller, se donner du plaisir. De toute façon, personne ne le jugera. Mais il a des a priori, sans doute est-ce son alliance qui tape contre sa poitrine, accrochée à cette chaîne qu'il dissimule sous son haut. Il n'a pas réussi à la mettre dans un tiroir. C'était au delà de ses forces. Ce geste lui coûtait beaucoup, voulant aussi dire qu'il fallait mettre plus de vingt ans d'amour, avec le même humain, dans un coin. Et Gabriel n'en était pas capable. Du moins pas pour l'instant, alors il préfère se conforter dans un rôle de faux semblant, de ce type qui se tape une pute mais qui ne lui ressemble pas. De toute façon, il n'a pas le profil. Il pose trop de questions. Il ne cesse de tressaillir à chaque fois qu'elle pose les mains sur elle, comme s'il était en faute.

Il se centre donc sur son interrogatoire essayant de ne pas penser à ses états d'âmes. Ça ne sert à rien. Et puis, Ana lui parle des habitants. Il demeure silencieux réalisant que la perversité se trouve dans tous endroits. « On en voit beaucoup de ces gens malsains désormais... Ça a toujours existé. Ça ne veut pas forcément dire que je le comprends.. » Ajoute-t-il en fronçant les sourcils. Le monde, Gabi, ne le comprends pas de toute manière. Il ne comprend pas l'humain, et puis de toute façon, il ne se comprend plus lui-même. C'est si pitoyable. La question de la durée de son expérience pro se retrouve sur le tapis. La réponse de l'intéressée le fait sourire. A la hauteur? Elle remonte alors vers lui, glissant ses mains sur ses bras lui faisant sortir la chair de poule. Un frisson parcourt son échine de par le rapprochement de la jeune femme. son visage est en face du sien. Il doit alors faire tous les efforts du monde pour ne pas reculer ou tout arrêter. Elle est comme entrée dans son espace vital et ça le trouble. Pourtant, c'est par un sourire qu'il lui répond: « Je te fais confiance. » Ajoute-t-il sentant son souffle se mélanger au sien. Son regard bleu rencontre celui d'Ana. À croire que les âmes en peine sont capables de se retrouver, de se questionner et c'est au tour de Gabriel.

Un sourire apparait sur son visage non pas de plaisir mais plutôt de vanité: un ego flatté par le compliment sur son apparence. On lui a toujours dit qu'il était bel homme mais à force, il a fini par ne plus le croire. A quoi bon une belle carrure si ça ne suffisait plus à maintenir l'équilibre d'un couple? Gabriel n'a pas su: il a échoué et encore aujourd'hui, la culpabilité est là. Il a fait n'importe quoi. Livia aussi. Point à la ligne. « C'est la première fois. » Ajoute-t-il dans un souffle, la fixant d'un regard pénétrant. « Je n'avais jamais eu besoin de le faire... » Il fronce les sourcils légèrement comme s'il cherchait ses mots. « Et je ne sais même pas si j'aurais assez de cran pour te laisser continuer. " Finit-il par avouer avec sincérité. « Je pense que la première fois doit être la plus dure n'est ce pas?. » La parole remplace le geste, elle permet aussi de retarder l'échéance de se centrer sur ce qu'il doit lui demander. « De toute façon, je ne comprends pas. Si tu as rencontré des enfoirés dans ce métier, pourquoi continue-tu? Nous ne sommes pas au dix-huitième siècle, tu es libre, t'as pas de dette, si? » Il pousse un soupir, se rendant compte qu'à force de faire de la merde, ses questions deviennent de plus en plus précises. Alors il se masse l'arrière de la nuque, mal à l'aise et finit par ajouter: « Désolé pour ces questions... Déformation professionnelle, je suis flic... Et ce métier a fait de moi un éternel curieux...Et puis, je ne connais pas cette ville... » Il s'est risqué à dire ce qu'il était réellement, se raidissant sur place. Il ne sait pas s'il a bien fait mais il préfère jouer cartes sur table. Il a l'impression de s'enfermer dans une cage face à ce visage angélique ô combien séduisant.



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MessageSujet: Re: Loose ends tangle down and then take flight but never tie us down [Ana & Gabriel ]   Ven 6 Mai - 13:47


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Son corps était déjà énormément souillé depuis des mois, depuis qu’elle n’avait pas eu d’autres choix que de se soumettre au joug d’Esteban Martinez. Il avait été touché, abusé, violenté, caressé, maltraité et tourmenté un certain nombre de fois – à tel point qu’elle avait arrêté de compter. Certains clients étaient des réguliers – certains plutôt faciles à supporter, d’autres beaucoup moins. Benicio semblait éprouver un certain plaisir à l’offrir au plus violent des hommes. Elle ignorait pour quelle sombre raison, s’il haïssait tant les femmes ou si c’était par simple amusement. Elle s’en moquait, se convainquait-elle. S’il essayait de la détruire, elle s’était promis de ne pas lui faire ce plaisir. Elle subissait, sans broncher ou presque et elle relevait la tête haute à chaque fois. Elle se doutait bien cependant que sa force mentale était fragile et ne tiendrait pas éternellement. Qu’à un moment donné, elle sombrerait comme toutes les autres avant elle, dans les ténèbres et dans un aller sans retour au désespoir. Mais tant qu’il lui restait de la force et de l’espoir, elle s’y accrocherait. « On en voit beaucoup de ces gens malsains désormais... Ça a toujours existé. Ça ne veut pas forcément dire que je le comprends.. » Elle sourit. Et peut-être que dans ce sourire transparait son amertume et sa fatalité. Oui, les pervers sadiques ont toujours existé malheureusement. Elle le savait car sa grand-mère lui avait appris à faire très attention, à ne jamais parler à un inconnu. Et les informations télévisées affichaient suffisamment de faits divers dans le domaine de la perversité humaine qu’elle n’était pas née de la dernière pluie. Mais depuis qu’elle en était victime malgré elle, elle prenait réellement conscience de ce dont il s’agissait. Fort heureusement, le jeune homme ne faisait pas partie de cette catégorie – elle en était certaine. Elle n’avait pas pour habitude d’essayer de cerner les clients avec lesquels elle passait son temps. Elle préférait son job, s’imaginer ailleurs en même temps, et tenter d’oublier par la suite. Elle préférait en finir au plus vite généralement. Pourquoi engageait-elle la conversation avec lui ? Elle l’ignorait, peut-être se sentait-il suffisamment à l’aise et en confiance ? Ç’aurait été étrange, mais après tout la vie était faite de surprises – bonnes et mauvaises. Ce fut rapide, presque imperceptible, mais elle le sentir se raidir à son approche – et pas de façon positive. Elle perçu son hésitation et son malaise, mais ne dit rien. Il était inutile de le relever, elle eut presque l’impression de l’avoir imaginé. Mais son aveu quant à cette première fois lui fit comprendre que ce soir, c’est elle qui devrait mener la danse et qu’elle ne pourrait pas s’évader comme elle le fait habituellement. « Et je ne sais même pas si j'aurais assez de cran pour te laisser continuer. » Elle arrêta ses gestes, sans pour autant reculer et ôter ses mains. Elle aurait aimé lui dire qu’elle comprenait. Que ce n’était jamais facile de laisser un homme ou une femme nous toucher. Que c’était toujours déroutant de « coucher » avec un ou une inconnue. Elle aurait aimé lui dire que s’il le souhaitait, ils pouvaient rester ainsi, à parler de tout et de rien sans forcément devoir se forcer l’un et l’autre aux plaisirs de la chair – surtout si ce n’était pas dans leurs habitudes à chacun. Elle n’éprouverait sans doute aucun plaisir à ce corps à corps, elle le savait car elle le faisait pour l’argent et par contrainte. « Non. La première fois n’est pas la plus dure. C’est dur à chaque fois, » lui avoue-t-elle. « Parce qu’à chaque fois, on préférerait être ailleurs. Faire autre chose. » Pourquoi lui dit-elle tout cela ? Parce qu’il a été honnête avec elle ? Sans doute. « De toute façon, je ne comprends pas. Si tu as rencontré des enfoirés dans ce métier, pourquoi continues-tu ? Nous ne sommes pas au dix-huitième siècle, tu es libre, t'as pas de dette, si ? » Cette fois, elle recule et le lâche, comme si elle était brûlée. Si c’était aussi simple, clairement elle serait déjà loin. Clairement, elle n’aurait pas choisi ce chemin. « Tu as l’air si innocent, » dit-elle alors. « Les choix ne nous appartiennent pas aussi facilement malheureusement. Pas toujours en tout cas. Sinon, je ne serais pas là avec toi, aussi beau que tu sois. » Et elle lui adresse un sourire. Avant qu’il ne disparaisse pour de bon et laisse place à une peur vive. Il était flic. Il était flic et elle avait déjà trop parlé, trop dévoilé. Elle était flic et était tombée dans le panneau. S’ils apprenaient qu’elle se trouvait avec lui à cet instant – flic d’ici ou flic d’ailleurs peu importait – elle risquerait gros. Comme sa vie. Ou celle de Stelian. Alors elle se relève et recule lentement, les yeux rivés sur lui comme si elle le voyait pour la première fois. S’était-elle de nouveau fait avoir ? On l’avait encore berné ? Etait-elle si naïve ? L’expérience et le passé lui criaient que « oui » elle était une éternelle naïve et optimiste qui ne voyait le mal nulle part – jusqu’à récemment. Elle ravale alors difficilement sa salive, se sentant tout à coup beaucoup moins à l’aise. « Désolée… je n’ai pas pour habitude d’avoir des flics pour clients. Excepté les vicieux, j’imagine mais tu n’en avais pas du tout l’allure, » arrive-t-elle à sourire malgré tout. « Qu’est-ce qui peut amener un flic d’ailleurs à Edgewood ? Je ne pense pas que ça soit pour s’envoyer en l’air avec une prostituée. Et mis à part le job, je ne vois pas quelle autre raison… » et c’est là qu’elle se dit pour la première fois qu’elle est face à un flic qui tente d’obtenir des réponses par son biais à elle…





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MessageSujet: Re: Loose ends tangle down and then take flight but never tie us down [Ana & Gabriel ]   Jeu 12 Mai - 9:12

Il se dit qu'il a peut-être fait une connerie en disant la vérité sur ce qu'il est vraiment. Les flics... Les gens se font une telle image d'eux mais dans le fond, elle n'est que le reflet de ce qu'ils sont vraiment. Gabi en a parfois rencontré des tordus, des gens qui n'étaient animés que par des vices. Ils étaient capable aussi de faire régner l'ordre tout en exhumant le désordre par leurs actes. Il n'a jamais su comprendre la limite de ce monde tellement manichéen. Il s'est juste promis de ne jamais sombrer du côté obscur. Après tout, il en tenait de l'honneur de sa famille, de l'éducation reçue. Il n'a jamais voulu décevoir ses parents et il a toujours conservé cette droiture que se transmettait chaque Adams depuis des générations. Ils ont été toujours apprécié dans la ville - enfin, de leur quartier d'habitation plus précisément -, pas forcément connu comme des stars mais plutôt parce qu'ils étaient des gens biens avec bon cœur. Et Gabriel a toujours fait en sorte de conserver cet état d'esprit. La seule chose ayant changé : c'est bien sa façon de faire confiance, d'aimer les autres et de les laisser l'aimer en retour. Pour la suite, il n'est resté que le même. Celui qui finit par être franc, mais observant également combien elle recule loin de lui, combien les regards changent juste parce qu'il ose lui dire la vérité sur son job. Mais quand bien même, il lui dira être flic, il ne dira pas la raison de cette venue dans cette chambre glauque, où il accepte de se laisser toucher et caresser de la sorte. Il est forcé de se dire qu'il est là pour son boulot, qu'il veut des informations sur ce gang sévissant, qu'il s'est dit que plus faible que lui accepterait de donner des réponses. Mais dans le fond... Veut-il vraiment cela?

Son expression demeure neutre. Il ne répond rien tandis qu'elle le questionne. Au sujet de ce job, de sa venue dans cette ville, de la véritable raison de cette entrevue dans laquelle, il n'arrive pas à être impliqué pleinement dans un rôle qu'il ne sera jamais capable de prendre. Il était si bien à Chicago finalement. Il n'a pas encore mesuré l'impact d'un tel changement de vie, réalisant combien les gens ont leur propre manière de penser et de faire dans ce patelin. Même Ana le dit, les vicieux se fondent parmi la police, la perversité n'a pas de limite. Et l'écho de sa voix rauque résonne en lui, tout comme ce rire. Il la dévisage sans rien dire, ayant l'impression qu'il semble comme perdu dans ses pensées. Mais Gabriel réfléchit, il prend le temps de lui répondre. « Je ne suis ni l'un... Ni l'autre... » Dit-il laissant son regard bleu se poser sur la femme en face de lui. Et dire qu'il y a peu encore, il sentait son souffle se poser sur sa peau, ses doigts faisant frémir l'épiderme. Et désormais, ils sont là... À se toiser mutuellement. Mais le regard de Gabi n'a rien de suspicieux, il est juste ... Perdu plus qu'autre chose. À croire que la naïveté n'aide pas, qu'il a sans doute trop enjolivé la situation. « Je ne suis pas empli de vices et je ne cherche pas à laisser la gangrène pourrir mon âme.... Ça... Jamais... Et je ne suis pas là pour poser des questions... » Il se rend compte qu'il lui ment. Il lui ment ouvertement parce qu'il n'a pas envie de se retrouver à être dans le rôle du « méchant » qui pose ses questions dans le but de faire couler un gang de fondus. Parce qu'il réalise l'intensité de la la peur apparente dans le visage d'Ana, que le fait d'entraîner un géant dans le néant, amène des chutes collatérales aussi. Et ça le ferait profondément chier de la mêler à cela. L'intégrité fait réagir son âme, le poussant à mentir non pas pour être un homme de bien, mais bien parce qu'il n'a plus envie de créer la peur. Il a l'impression d'avoir fait suffisamment de mal dans sa vie. Et finalement, sa vie personnelle finit par prendre une entière place se mêlant au boulot quand il a décidé d'oublier et d'aller de l'avant. « J'avais besoin de changer de vie alors j'ai pris le premier poste qui venait. Mais je n'ai pas réalisé que je venais d'atterrir en plein milieu de l'enfer.. » Il sourit doucement réalisant l'étendue de ce qu'il dit. Et du fait qu'il parle sans savoir si la personne en face est digne de confiance sur cette partie de sa vie qu'il expose. « Mais qui dit nouvelle vie, dit solitude... Mais finalement, je me demande si j'ai bien fait... » Il se tait, soupire et souris doucement. Cette situation est tellement à côté de la plaque. Il a l'impression d'être à côté de ses pompes, de ne plus rien connaître. Il finit par se lever de sa chaise, remettant le col de sa chemise en place ayant été dérangé par les douces mains d'Ana. Il sort ses billets laissant plus que de raison. « Il vaut mieux que je parte. Tiens. » Dit-il en posant la somme sur la commode usée par le temps. Son regard vient se poser sur Ana et il ajoute avec un sourire: « Je pense qu'il te reste du temps libre avant la fin de ton heure.. C'est pas forcément la solution et ça n'arrêtera pas les autres... » Il n'y a aucune méchanceté apparente dans ses propos, ni de vices. Juste un homme blessé par la vie qui parle, qui a besoin d'attention pour ne pas se dire qu'il est devenu un inconnu que personne ne connait, lui faisant réaliser que l'humain, par destination, a besoin des autres pour vivre. « Si jamais t'as besoin... » Lui dit-il sans continuer sa phrase. De quoi aurait-elle besoin? Et sincèrement, lui dira-t-elle qu'elle a besoin de lui? Dans le fond, il connait la réponse, il ne suffisait que de voir la peur apparue sur son visage lorsqu'il avait dit être flic.


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MessageSujet: Re: Loose ends tangle down and then take flight but never tie us down [Ana & Gabriel ]   Jeu 12 Mai - 20:05


LOOSE ENDS TANGLE DOWN

AND THEN TAKE FLIGHT

BUT NEVER TIE US DOWN


gabriel & ana



On confondait souvent la naïveté avec la stupidité. Depuis toujours, Ana en faisait les frais. Petite, adolescente et même dans sa vie d’adulte – bien avant les Sinaola – beaucoup s’étaient imaginé pouvoir l’amadouer et lui faire croire un certain nombre de choses. Et beaucoup avaient compris que sous ce joli minois aux allures fragiles et cet optimisme indécent se cachait une tigresse qui mordait si on osait la prendre pour une imbécile. Oui. Elle mordait. Non, il ne fallait pas confondre naïveté et stupidité, et Ana en était la preuve. Pourquoi d’ailleurs fallait-il forcément être idiot pour apprécier les choses de la vie ? Ce qu’elle avait à vous offrir ? Pourquoi étions-nous forcément stupides de croire à l’humanité ? A la bonté ? C’était plutôt triste, selon elle, que la plupart des gens rient et se moquent de ceux qui croyaient encore à ce genre de choses. « Je t’adore, t’sais, Ana. Mais parfois, j’ai qu’une envie c’est d’te secouer comme jamais. T’vois l’bien partout et chez tout l’monde, c’est même étonnant que y’en n’ai pas un qui en ai déjà profité… On voit que t’as pas connu la vie dure… » Elle l’avait fusillé du regard, ce frère qu’elle aimait tant et pour qui elle était prête à crever, à bafouer sa dignité et à subir les pires horreurs. « Pas connu la vie dure, hum. Je ne vais pas prétendre avoir connu la vie dure, Stel. Mais moi j’ai aussi j’ai perdu mes parents. Jeune. Moi aussi j’ai dû apprendre à vie sans eux. Jeune. Moi aussi, j’ai connu les coups. Jeune. Pas par un parent, certes, et je ne permettrais pas de comparer ta souffrance à la mienne. Mais on vit tous des moments difficiles dans la vie. Tous. Ce qu’on décide d’en faire, ça reste notre choix et notre décision. Si j’ai choisi de croire en l’humain et d’apprécier chaque instant de la vie qui m’est offert, c’est parce que c’est le cas. Et crois-moi, quand tu y parviens, la vie est bien plus facile à vivre. » Mais il avait haussé les sourcils, lui avait adressé un sourire en coin l’air de dire « si tu l’dis » sans parvenir à y croire réellement et avait allumé une clope en lui tournant le dos. Ils étaient aussi têtus l’un que l’autre et cette conversation ne pourrait aboutir nulle part, elle le savait parfaitement. Elle ignorait ce qui pourrait éventuellement atteindre son frère, lui ouvrir les yeux et lui permettre de faire la paix avec son passé douloureux. Elle espérait juste qu’il y parviendrait un jour – tant que ça n’était pas avec les Sinaola.

A présent qu’elle se trouvait face à cet homme, ce flic, elle débattait sur le fait qu’elle était naïve. Mais pas stupide. Elle se doutait bien que sa position – prostituée qui coûte cher qui plus est – ne la mettait pas du tout en valeur et pouvait lui valoir une sacré amende. Elle se doutait également que s’il avait été un réel danger… un Sinaola aurait déjà passé le pas de cette porte pour lui mettre une balle entre les deux yeux. « Je ne suis pas empli de vices et je ne cherche pas à laisser la gangrène pourrir mon âme.... Ça... Jamais... Et je ne suis pas là pour poser des questions... » Elle n’en doutait pas non plus. S’il avait eu envie de lui poser des questions – et s’il en avait réellement eu l’intention – il l’aurait déjà fait. Peut-être avait-il été son plan pensa-t-elle. Peut-être avait-il pensé qu’il pourrait obtenir des réponses plus facilement par l’une d’entre elles – et pourquoi l’avait-il choisi, elle, elle ne le savait pas. Peut-être avait-il espéré qu’elle parlerait malgré elle. Peut-être. Elle ne peut empêcher un sourire amer. « Je n’aurais pas dit mieux… » dit-elle doucement lorsqu’il lui parle d’enfer. Elle était désolée pour lui, désolée qu’il ait dû quitter un endroit pour débarquer ici, à Edgewood, qui devait lui paraitre encore moins sûre que ces grandes villes où tout pouvait arriver. Elle avait vécu à New York, à Los Angeles, dans le Montana et même dans le Mississippi. Jamais elle n’avait été confrontée à pareil danger, jamais elle n’avait été amenée à vivre un pareil enfer. La vie était faite de surprises. Celle-ci n’avait pas été bonne, mais elle s’accrochait à l’idée que le destin avait choisi ce chemin pour elle, pour la mettre à l’épreuve et l’endurcir mais pas lui enlaidir la beauté de la vie. Elle devait y croire, sinon c’était foutu. « Mais qui dit nouvelle vie, dit solitude... Mais finalement, je me demande si j'ai bien fait... » La solitude. A quel point comprenait-elle ce sentiment désagréable. A quel point comprenait-elle ce besoin de chaleur humaine, ce besoin de croire en l’humanité et d’aider son prochain ? Ce besoin de se raccrocher à quelque chose ? Elle ne le comprenait que trop bien. Elle réalisait qu’au fond, tous les deux, ils étaient pareils. Ils étaient dans le même enfer. Il n’avait, certes, pas la même forme mais les émotions étaient les mêmes. « Il vaut mieux que je parte. Tiens. » Elle ne l’avait pas vu se relever, se rajuster et se préparer à partir. Au moment où il déposait les billets – bien plus qu’elle ne le méritait ce soir – elle eut peur. Peur qu’il parte. Peur qu’il passe le pas de la porte et la laisse là, seule. Peur de ne plus le voir. Peur de ne plus l’entendre. Peur de tout. Aucun son ne sortait de sa bouche pourtant. Les paroles mouraient sur le bout de sa langue. Et même lorsqu’il lui proposa silencieusement de le contacter si elle avait besoin de quoique ce soit, elle ne put rien répondre. Paniquée qu’on découvre qu’elle ne faisait pas son job. Paniquée qu’on découvre qu’il était flic. Paniquée qu’on les découvre à papoter au lieu de céder aux plaisirs de la chair. Paniquée qu’on le tue. Paniquée qu’on lui fasse payer cette soirée de liberté. Benicio lui avait promis les pires espèces d’Edgewood – et elle avait confiance en ses promesses aussi assurément qu’elle avait confiance en ce bourreau qui lui menait la vie dure, un cocktail de contradiction qui ne l’aidait pas.

« Attends… » finit-elle par dire tandis qu’il posait la main sur la poignée de la porte. Prêt à sortir de sa vie. Elle se tord les mains, mal à l’aise. Pourtant, c’est d’une voix assurée et le sourire revenu qu’elle s’adresse à lui. « Puisqu’on est ici. Et que tu as déjà payé… on pourrait peut-être rester ici. Pour parler, je veux dire. Je veux dire… je ne peux rien te dire, évidemment, mais… » elle s’enfonçait royalement dans la gadoue. « Je n’ai pas envie de rester seule… » et c’était la pure vérité. Et elle avait envie de passer la soirée avec un homme qui lui inspirait cette bonté qui semblait lui manquer depuis des mois.






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MessageSujet: Re: Loose ends tangle down and then take flight but never tie us down [Ana & Gabriel ]   Dim 15 Mai - 11:09

Finalement, tout ce qu’il se dit au début de la soirée n’est plus. A croire qu’en une fraction de seconde, les choses ont évolué. En bien ou en mal, la question est sans réponse et le blond s’interroge encore. Il n’est pas capable de comprendre cette manière qu’il a de passer du coq à l’âne devant cette fille qu’il ne connaît pas. Il s’est passé quelque chose. Un lien s’est créé sans qu’il y en ait une forme et une couleur bien distinctes. Le flic parle simplement avec son âme et sa droiture. Et dans le fond, il n’est pas prêt de faire tomber des innocents dans tout ça. Il se rend compte qu’il a mal juger la situation, que la ville est plus dangereuse qu’elle ne peut le paraître. A croire que les pourris sont venus à Edgewood. Gabriel ne réfléchit plus, son esprit semble déconnecté de par l’intégrité qui l’appelle à le ramener à la raison. Dans le fond, il le sait pertinemment, il s’est lancé dans un jeu de rôle qu’il ne connaît pas. Les règles du jeu ont été mises en place sans qu’il ait pu en décider quoi que ce soit. Il en a jeté les dés mais il n’en tient pas les rênes. C’est pourquoi, il se dit que l’idée était mauvaise, qu’il vaut mieux partir. Cela éviterait ce tel regard chargé de peur, lui rappelant qu’il a échoué. Finalement, c’était forcé de finir ainsi. Car sinon le jeu était trop facile face à un enjeu bien trop important. De toute façon, il n’est pas prêt à en tirer les conséquences. Et si elles ne sont pas bonnes pour le groupe, elles ne le seront pas pour elle. Elle… Celle qu’il s’apprête à quitter sans trop savoir quoi dire. Il a juste envie de s’en aller sans en avoir envie. Sa tête est emplie de contradictions qu’il n’est pas capable de maitriser, juste de comprendre que sa place n’est pas dans cette chambre, ne sera dans ce lit, enfoui sous les draps. Là où des hommes sont passés, rendant cette femme souillée par les pourritures de ce monde.

Il ne peut pas. Et il choisit de tourner les talons, ressentant presque ce départ tel un échec, se murant derrière cette demi vérité sortie de sa bouche. Il voulait des réponses et finalement, il en a mais elles ne sont pas forcément bonnes à entendre. Pas forcément lié à son enquête mais sur un point de vue humain. Pourtant, à l’instant où il pose ses mains sur la poignée, la voix d’Ana résonne derrière lui, le faisant se figer. Il ne pivote pas pour se trouver face à elle. Il l'entend lui proposer de rester ici parce qu'il a payé. Ses sourcils se froncent et il se tournent doucement à moitié pour avoir son regard tourné vers elle. Parler... Le mot lui semble presque entendu comme une interdiction liée à ce qui la lie à ce groupe. Cette peur qui l'empêche de pouvoir dire autre chose que de simples formalités. Gabriel ne dit mot, se sachant si c'est une bonne idée ou non. Son esprit est encore embrumé de la fâcheuse sensation d'être si gauche dans sa manière de faire. Pourtant, elle lui dit ne pas vouloir rester seule. Est-elle sincère? Il se pose la question. Mais il la balaye automatiquement. S'il ne répond pas de suite, ses gestes parlent pour lui. Et il pivote complètement pour reprendre place sur cette chaise sans qu'il y ait d'intentions charnelles par derrière. « Alors, je resterais. » Finit-il par dire. Il ne le dira pas, mais le simple fait de s'asseoir lui fait du bien finalement. Il préfèrerait être ici que dans son appartement étouffant. Il n'a pas sa place et il ne se sent pas à sa place ici. Ça prend du temps de changer de vie tout compte fait. Pourtant, une fois assis, il se retrouve face à une absence totale de sujet de conversation. À vrai dire, il n'y a qu'une seule conversation qui lui vient en tête. Celle de ce qu'Ana ne peut dire. « Je réalise, finalement, qu'avec tous ces milliards d'êtres humains que nous sommes, nous trouvons quand même le moyen de nous sentir seuls. » Murmure-t-il, un sourire qui s'étire tout doucement sur son visage. Finalement, ça semble presque le décoincer à parler. « Pourquoi t'es ici en faite? T'avais besoin, toi aussi, de changer de vie ou bien tu es d'ici depuis toujours et alors je te dirais que tu n'as pas de chances d'être née dans un bled pareil... ».


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MessageSujet: Re: Loose ends tangle down and then take flight but never tie us down [Ana & Gabriel ]   Sam 21 Mai - 21:31


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gabriel & ana



Elle évitait tout contact avec la population extérieure – du moins tout contact avec ceux et celles qu’elle connaissait, personnellement ou de vue. Elle évitait de discuter avec eux. Elle évitait de s’attarder dans les magasins, dans les rues ou dans n’importe quelle file d’attente. C’était le seul moyen qu’elle avait trouvé pour garder son statut de prostituée secret. Elle ne voulait pas qu’on lui pose de questions. Elle ne voulait pas qu’on la juge. Elle ne voulait pas voir ses proches lui tourner le dos et la regarder comme si elle était devenue une étrangère. Elle savait pertinemment que tout cela arrivait si les gens finissaient par apprendre qui elle était, pour qui elle bossait. Et elle n’était pas prête à affronter ce cocktail d’émotions. Elle n’était pas prête à être totalement abandonnée. Elle n’était pas prête à être jugée et mise de côté. Elle n’était pas prête à décevoir. C’était reculer pour mieux sauter, elle le savait tout au fond d’elle-même. Mais pour l’instant, elle ne se sentait capable d’affronter que les Sinaola et les clients qu’ils lui imposaient. C’est pour cela que, lorsqu’elle lui demanda de rester, elle fut aussi surprise et ébahie que lui. Peut-être était-ce parce qu’elle ne le connaissait ni d’Eve, ni d’Adam. Peut-être était-ce parce qu’elle se sentait plus en sécurité avec lui qu’elle ne s’était sentie avec n’importe quel autre client. Peut-être parce qu’elle commençait à se sentir trop seule et que la solitude lui pesait. Peu importait les raisons qui l’avait poussé à l’empêcher de partir. Car il n’hésita que quelques secondes avant de tourner les talons et de retourner s’assoir sur la chaise qu’il occupait depuis le début. Si son soulagement fut grand – elle ne passerait pas la soirée seule à trop tergiverser dans cette chambre miteuse – elle ressenti également une angoisse soudaine. L’angoisse faisait partie d’elle à présent. L’angoisse de les voir débarquer à tout moment. L’angoisse de recevoir un coup de trop. L’angoisse d’une balle perdue. L’angoisse du regard des autres. L’angoisse de perdre son job, son vrai job. Alors elle se rassit sur le bord du lit, se triturant les mains ne sachant pas réellement quoi faire avec. Elle avait si bien commencé à jouer la comédie un peu plus tôt, à présent elle se dévoilait telle qu’elle était : mal à l’aise, démunie, sensible, fragile et perdue. « On peut parfois être entouré de monde, et se sentir seul malgré tout, » dit-elle en lui souriant légèrement. « La solitude fait partie intégrante de la vie d’une prostituée. Pourtant, on est rarement seules. » C’était un fait irritant et triste. Elle ne s’était jamais sentie plus seule que depuis qu’elle bossait pour les Sinaola. Elle avait beau voir du monde chaque jour – au Rital – et chaque nuit – au Devil’s Hive – elle ne pouvait se confier à personne. Ni de ses doutes, de ses rêves, de ses espoirs, de ses craintes ou de ses cauchemars. Elle n’avait personne à qui parler – réellement parler – sans risquer quelque chose. Un jugement. Un danger. Un reproche. Un rejet. Tout était du domaine du possible, et elle ne pouvait s’empêcher de penser au pire… tout simplement parce qu’elle pensait ainsi elle-même. N’avait-elle pas déjà jugé des prostituées dans le passé ? La Roumanie était remplie de ces femmes de petite vertu. La Roumanie était remplie de femmes prêtes à tout pour quitter le pays et se trouver un homme riche. Elle avait jugé. Elle avait critiqué. A présent, elle avait honte de l’avoir fait. Personne n’était à l’abri d’un tel bouleversement dans sa vie. Personne ne pouvait prétendre être en sécurité. Personne ne pouvait prévoir ce que la vie vous réservait. Personne.

« Pourquoi t'es ici en fait ? T'avais besoin, toi aussi, de changer de vie ou bien tu es d'ici depuis toujours et alors je te dirais que tu n'as pas de chances d'être née dans un bled pareil... ». Elle aurait volontiers remercié le jeune homme – dont elle ne connaissait toujours pas le prénom d’ailleurs – pour lancer la conversation, sans insister pour autant quant à sa vie de prostituée. « Je suis roumaine. Je ne suis aux États Unis que depuis cinq ans environ, peut-être plus… je perds la notion du temps. J’ai parcouru pas mal de villes dans le pays jusqu’à arriver à Edgewood. Je ne peux pas vraiment expliquer pourquoi je suis restée ici… » elle n’évoquait pas son frère pour la simple et bonne raison qu’elle le protégeait encore et encore, plus que tout. Il était impliqué dans le club plus qu’elle ne l’aurait souhaité. Elle ne souhaitait pas lui apporter plus d’ennuis qu’il n’en avait déjà. Elle voyait bien que la seule et unique personne capable de l’aimer inconditionnellement et sans hésitation, sans jugement, en était incapable. Pourtant, elle ne lui tournerait pas le dos. « Je me suis sentie chez moi il y a un an. C’était très différent, tu sais… Le rodéo, le football, les soirées chaque week-end, la cohabitation, la joie qui régnait dans cette ville. Tout donnait envie d’y rester et d’y finir ses jours. » Personne n’avait vu le nuage et les ténèbres arrivés. « Et toi ? D’où viens-tu ? Comment t’appelles-tu ? Pourquoi avoir choisi la police ? Désolée… quand je commence à parler, j’ai tendance à dire tout ce qui me passe par la tête. Et ces questions ont défilé avant que je ne puisse m’arrêter, » riait-elle légèrement. Et son rire était sincère. Pour la première fois depuis des mois. Et ça faisait un bien fou.




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MessageSujet: Re: Loose ends tangle down and then take flight but never tie us down [Ana & Gabriel ]   Sam 28 Mai - 8:26

Souvent, il se fait ce simple constat concernant l’être humain. Il est fait pour vivre en communauté, la solitude n’est pas son fort et pourtant, bon nombre se retrouve souvent dans une solitude lourde à porter. Lorsqu’il avait quitté son job, Gabriel ne s’était pas attendu à la subir. Il n’avait jamais pensé à ça. Mais malheureusement, ce fut la seule chose qu’il ait ressenti quand il a débarqué ici. Il y avait cette sensation qui n’est jamais, vraiment, partie. C’est pourquoi, il s’est finalement décidé à rester avec elle. Pourtant, il n’a aucune idée de ce qu’il peut dire. La conversation semble être compromise mais il essaye de faire un effort. Il le faut de toute façon. C’est bien mieux que de rester dans le mutisme le plus total. Mais Ana lui répond, lui redonnant la confiance et l’envie de pérenniser cet échange et ce, afin de combattre ce mal qui le ronge. « J’imagine bien… » Se contente-t-il de murmurer à l’attention de la jeune femme lorsqu’elle évoque la bipolarité de sa condition, de se retrouver toujours en compagnie mais de se sentir plus seule que jamais. Il a de la peine pour elle. Il ne la connaît pas, il ne sait même le chemin de sa vie et les raisons qui l’ont poussée à devenir cette femme de petite vertu, celle qu’il ne sert qu’à assouvir le besoin de certains, de combler la perversité des autres. Quand elle dit ça, Gabriel n’a pas cessé de la dévisager, remarquant les infimes changements sur son visage. Plus triste… Moins entreprenante et plus fragile. Elle dégage, cependant, une force en dépit de paraître toute petite. La lueur de son regard peut-être… Gabriel est curieux et se décide à en savoir plus à son sujet, notamment sur sa condition de vie, sur son désir de changer. Alors il devient silencieux mais il devient aussi un auditeur attentif.

Elle est roumaine. Elle n’est dans ce pays que depuis peu. D’ailleurs, elle lui explique, qu’auparavant, la ville se portait très bien, que l’ambiance était bonne. Et c’est étrange car lorsqu’elle parle de ce passé, Gabriel a l’impression qu’elle parle d’une autre ville. Il ne retrouve rien de ce qu’elle indique. Maintenant, il y a la peur et des petits cons qui foutent la merde. L’ancien temps a disparu et ce gang en est probablement bien trop à l’origine. Et la voici au milieu. Il est, d’ailleurs, bien tenté de lui demander les raisons d’un tel changement de situation. Si auparavant, tout allait bien ici pour elle… Qu’est-ce qui s’était passé pour que tout bascule ? Gabriel se le demande tout en songeant combien il est facile de voir sa vie s’effondrer. Il en est l’exemple parfait et il y a un an encore, il arpentait les rues de Chicago, fier de son job, fier de son mariage et de sa femme, les blessures dissimulées mais il avait une vie, il appartenait à une caste. Il n’était pas comme maintenant… Maintenant, où il n’appartient à rien du tout, où il se contente de se fondre parmi la population en ayant conscience qu’il n’est pas intégré, qu’il est seul et que personne ne viendra l’aider. Pourtant, en la présence d’Ana, toutes ces mauvaises émotions s’évaporent. Il a l’impression de se retrouver au temps d’avant. Et un sourire apparaît sur son visage quand Ana s’excuse de la flopée de questions qu’elle vient de lui adresser. Son rire retentit dans la pièce et il remarque combien il est moins soutenu que son rire de femme fatale entendue au début, combien il est léger et sincère, presque enfantin. « Ne t’inquiète pas.. » Se contente-t-il de dire en pouffant de rire. « Tu as eu droit à mon interrogatoire aussi. On est quitte. » Puis, il prend une légère inspiration puis finit par dire : « Je m’appelle Gabriel et je suis originaire de Chicago. Toute ma vie se trouve là-bas et j’ai tout quitté pour changer de vie, j’en avais besoin. » Il tait volontairement le divorce. C’est encore une blessure béante, le sentiment d’échec ne partira jamais. « Et puis, j’ai choisi la police parce  que mon père y a travaillé aussi. On va dire que j’ai toujours aimé l’ordre, le respect des règles. Et puis, j’aimais l’idée de servir ma ville, de pouvoir être utile aux yeux des autres. Il y a toujours cette satisfaction intense de se dire qu’on a su mener sa mission à bien. » Il lui sourit en terminant sa phrase, la regardant avec gentillesse. Il a bel et bien oublié le but même de cette entrevue, mais qu’importe. Cet échange, non sexuel, lui fait du bien, comble sa solitude. « Et qu’est-ce que t’aimes faire sinon ? Je veux dire quels sont tes hobbys ? » Demande-t-il en se disant que ce job-là ne doit pas représenter ses rêves et ses envies. A qui d’ailleurs ?


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MessageSujet: Re: Loose ends tangle down and then take flight but never tie us down [Ana & Gabriel ]   Lun 6 Juin - 18:23


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BUT NEVER TIE US DOWN


gabriel & ana



« Faut que parte, Ana. J’en peux plus ici. J’ai besoin de partir, de changer d’air. De voir autre chose. J’ai besoin de tout quitter pour tout recommencer ». Quand Stelian lui avait confié son désir de tout quitter, elle avait d’abord paniqué. Elle s’était fait la réflexion qu’elle ne pouvait pas perdre son frère, à peine après avoir perdu sa grand-mère. Elle ne pouvait pas supporter de se retrouver seule. Elle ne pouvait pas supporter qu’il se retrouve seul. Bien sûr, Stelian était un jeune homme débrouillard et il aurait toujours su s’en sortir sans elle, elle en avait été persuadée à l’époque. Mais elle avait choisi de le suivre. Pour elle. Pour lui. Pour eux. « Où veux-tu aller ? » avait-elle demandé. Il avait souri et lui avait proposé de laisser le hasard faire les choses. Il ne l’avait pas empêché de le suivre, et il ne lui avait pas demandé de le laisser tranquille. Il avait été rassuré de savoir qu’elle le suivrait et qu’elle ne l’empêcherait pas de tout quitter. Elle avait fini par comprendre son besoin de renouveau, car elle en avait eu besoin aussi. Tout dans son pays lui rappelait les personnes qu’elle avait aimées et perdues. Il avait fermé les yeux et avait laissé son doigt glissé sur le globe qui tournoyait. Quand il l’avait enfin posé, New York avait été choisie – pour leur plus grande joie car ils avaient toujours désiré partir découvrir les États-Unis, Terre Sainte. Et la Grosse Pomme leur plaisait beaucoup. Ils avaient déchanté bien entendu, car le boulot ne se trouvait pas aussi facilement et les papiers étaient très compliqués à faire. Ana avait fini par obtenir les siens – non sans illégalité puisqu’elle avait épousé un américain pour cela, en échange d’une belle somme d’argent. Cela avait duré des mois, des mois de comédie, des mois de questions, de surveillance avant que l’on ne croit à leur union et qu’elle obtienne cette petite carte verte. Stelian n’avait pas eu la même chance, et il enchaînait les petits boulots sans tenir suffisamment longtemps au goût de la jeune femme. Il était instable, buvait trop et fumait trop pour être responsable et garder un poste. Alors ils avaient vagabondé dans le pays, de la côte Est à la côte Ouest et du Nord au Sud. Elle n’avait pas regretté cette vie de bohème, car cela leur avait permis de visiter un peu du pays et de découvrir énormément de choses à travers les diverses rencontres qu’ils avaient faites. Mais à aucun endroit elle ne s’était sentie suffisamment à l’aise pour dire « je suis chez moi ». Quelle ironie de se dire qu’elle l’avait enfin ressenti ici, à Edgewood. La ville qui avait signé son arrêt de mort et la fin d’une vie épanouissante et enrichissante.

Alors elle comprenait parfaitement ce besoin de changer de vie. Ce besoin de voir autre chose, de s’éloigner du passé pour essayer de survivre ailleurs. Elle ne pouvait également pas juger le choix d’Edgewood. La ville avait quelque chose de magnétique, qui vous attirait malgré vous et qui vous forçait à en tomber amoureux. Les habitants étaient solidaires, chaleureux et tellement faciles à vivre – on en oubliait presque l’existence des Sinaola, implantés aux alentours de la ville depuis des années. La vie avait changé à Edgewood il y avait à peine un an, quand leur Président était mort et avait laissé sa place à son fils légitime. A présent, elle se retrouvait mêlée à leur trafic et ne semblait pas pouvoir y échapper. Chicago, la ville où elle avait vécu plus d’une année pour obtenir son visa. La ville où se trouvait son mari – son mari seulement sur le papier mais tout de même. « J’ai adoré Chicago. C’est une chouette ville. J’ai travaillé dans un restaurant pendant plus d’un an et j’y ai beaucoup appris, notamment la cuisine italienne. » Elle avait confié ce souvenir histoire de meubler le léger silence qui s’était installé à la suite de sa présentation. Et surtout parce qu’elle avait besoin de parler. Elle avait besoin de parler et de sortir de ce silence forcé – et à défaut de pouvoir confier ses blessures et son mal-être, elle pouvait confier son passé, ses instants de bonheur et de joie, ses souvenirs qui la faisaient tenir. « J’imagine que c’est ce qui fait un bon flic, » dit-elle simplement lorsqu’il lui explique les raisons qui l’ont poussé à devenir flic. Elle ne peut que l’admirer pour ses convictions et d’aller au bout de ce en quoi il croit. « J’ai toujours su ce que je voulais faire moi aussi, même si ça ne sauve pas de vie, » rit-elle légèrement. « Quand je cuisine, je suis quelqu’un d’autre – en tout cas c’est ce que l’on m’a toujours dit et c’est ce que j’ai toujours ressenti aussi. C’est une chance incroyable que de savoir ce pour quoi on est fait, je trouve. » Stelian galérait tellement à trouver sa place qu’elle avait compris bien tôt sa chance. Elle aurait tellement aimé que son frère puisse avoir la même chance. « Et qu’est-ce que t’aimes faire sinon ? Je veux dire quels sont tes hobbys ? » Des hobbies ? En avait-elle ? Elle en avait eu autrefois. Qu’en était-il maintenant ? Que pouvait-elle répondre ? Elle choisit la sincérité, du mieux qu’elle le pouvait. « La cuisine n’est pas vraiment un hobby, ni même un simple job mais une passion… Je n’ai pas réellement le temps pour beaucoup d’autres choses. Hum… je fais de la boxe depuis quelques mois, » dit-elle naturellement. « Cogner, ça soulage parfois, » admet-elle avant de le regarder les yeux ronds, tout à coup gênée d’avouer cela à un flic. La prendrait-il pour une violente aux réactions imprévisibles ? « Je veux dire, c’est un sport qui me plait. Comme le football ou le rodéo. Je n’y connaissais pas grand-chose avant de venir ici, mais quand on vit à Edgewood c’est presque une obligation que de s’y intéresser. J’adorais lire avant aussi… j’ai moins de temps à présent. » Inutile d’expliquer pourquoi ni comment. « Et toi ? Des talents cachés ? J’ai toujours entendu dire que les flics ne savaient pas s’amuser et étaient mariés à leur job, » dit-elle en souriant, plaisantant légèrement. Elle avait été tendue tout ce début de soirée, et petit à petit au contact de Gabriel, elle arrivait à se détendre et à apprécier sa soirée – chose qui n’était pas arrivée depuis des mois.




Darkness becomes me
Because horror on Earth is real and it is every day. It is like a flower or like the sun; it cannot be contained – silver lungs & Alice Sebold, The Lovely Bones.
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MessageSujet: Re: Loose ends tangle down and then take flight but never tie us down [Ana & Gabriel ]   Mer 15 Juin - 21:44

Il est facile de discuter avec cette femme. Les mots viennent facilement. A les voir, on aurait presque l'impression qu'il s'agit de deux vieux amis se retrouvant. Il n'y a pas de proximité, juste une distance respectueuse. Chacun respecte son espace. Mais les mots sortent d'emblée. Gabriel se sent presque en confiance. Il a oublié ce que le shérif adjoint lui a demandé. Ce fameux job... Celui de s'insinuer au sein des Sinaola dans le seul but de les faire chuter. Ils veulent utiliser le fait qu'il soit nouveau, que son visage soit inconnu, le fondant parmi la population lambda de la ville. Il avait presque réussi, il avait pu en apprendre pas mal. Mais ce n'est pas suffisant. Et qui plus est, il a laissé tomber. L'humain a pris la place du flic. Le désir de parler a pris le dessus face au désir de bien faire son travail. Que racontera-t-il à Jarvan? De la merde probablement. Il mentira certes, mais il suit l'instinct. Le besoin primaire. Le moment vital de tout Homme qui lutte pour se fondre dans la société. Ils sont une espèce qui ne peut vivre dans la solitude. Et à travers les yeux d'Ana, il a l'impression de se voir: d'être celui qui souffre, qui a besoin de parler. La vie est drôle. Les rencontres, inattendues. La vie de Gabriel a souvent été une série de chutes. Et il n'avait eu que peu de choix: celui de s'effondrer dans la colère ou de se relever dans les larmes. Il a choisi le deuxième choix, pas forcément le meilleur mais celui qui lui semblait le plus juste autant pour lui que pour Livia. Heureusement, il y a ces gens qu'il rencontre, ces discussions. Parler de cuisine. Il pourrait presque en rire mais l'idée ne lui a pas traversé l'esprit. Bien au contraire, il écoute. Auditeur attentif, il lui sourit. Disparu le numéro de charme, il n'y a que celui de cet homme qui se retrouve à apprendre des détails de la vie de quelqu'un.  « Ta cuisine doit être plus que succulente. » Ajoute-t-il, lui qui a ce péché mignon de tout homme, celui de la gourmandise et d'aimer manger. Pourtant, il n'y a pas que ça: il y a aussi le sport qu'elle pratique. La boxe. Forcément, son sourire s'élargit et s'emplit d'une gentille moquerie dans le regard. Une femme qui boxe? C'est bien peu commun. « Il vaut mieux ne pas te chercher des noises... Remarque, ça peut défouler parfois! » Ajoute-t-il avec un petit rire.

Forcément, la question se reporte à lui et l'idée d'être marié à son boulot le fait sourire. Est-il marié à son job? Bonne question. « Oh non, je ne pense être marié à mon travail. J'aime mon boulot mais j'aime aussi en imposer des limites. Cela dit, quand je suis sur le terrain, ça me permet de penser à rien d'autre. On oublie sa vie privée, on se concentre sur la mission, l'enquête... Ça demande de l'investissement, c'est vrai... » Ajoute-t-il. Ses mains se joignent ensemble et il se penche doucement pour trouver une position plus confortable pour son table. « Mais si je ne suis pas marié à mon boulot, j'ai, quand même, été marié à quelqu'un. » Finit-il par dire sur un ton se voulant neutre, détaché. Comme si la sourde douleur de l'absence de Livia n'était qu'une poussière se balayant d'un revers. Aussi, il continue d'employer le même ton. « Mais la vie fait que parfois les bonnes choses ont une fin. À la base, je ne connais rien de cette ville. J'ai pris la première proposition de mutation qui s'est offerte à moi. Et j'ai foncé sans me douter, un seul instant, que changer de vie était aussi... Compliqué... » Il sourit mais sans afficher une quelconque joie. La nervosité sans doute. « Je regrette un peu cette précipitation. Je ne pensais pas que je tomberais sur un bled pareil... J'aurais peut être dû lire les journaux. Mais bon, il fallait partir... » Il a l'impression de trop en dire. Pourquoi lui raconte-t-il sa vie? Le flic ne le sait pas. Elle lui inspire confiance avec la profondeur qu'elle met dans son regard, la sincérité émanant de son être. « Enfin bref... Sinon j'aime bien le foot! » Dit-il avec un sourire, cette fois, plus convaincant. C'est mieux de raconter sa vie ainsi. De discuter de tout et de rien, de ce qu'il y a à faire dans la ville, des coins sympa aux alentours. Et puis, l'heure finit par inexorablement tourner. Il jette un coup d'œil et son visage semble blasé que le temps soit passé si vite: « Et bien, je crois que je suis censé avoir pris mon pied... » Son regard se relève vers Ana et il lui sourit doucement: « Merci pour la discussion. Tu as d'autres gars qui t'attendent? » Finit-il par demander. Elle est une personne bien. Elle n'a rien de méchant ou de sournois et rien que pour ça, ça le fait chier de savoir qu'une fois cette heure passée, ce répit de courte durée, tout redeviendra comme avant. « C'était sympa de discuter avec toi.. Et puis, j'espère sincèrement que ça s'arrangera pour toi. En attendant, si t'as besoin, t'hésite pas... » Ajoute-t-il en se redressant de son séant. L'heure touche à sa fin.


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MessageSujet: Re: Loose ends tangle down and then take flight but never tie us down [Ana & Gabriel ]   

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