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 secret meeting

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sinaola girl

✝ âge : 27.
✝ emploi : Officiellement, cuisinière au Rital - Officieusement, prostituée pour les Sinaola.
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MessageSujet: secret meeting   Jeu 11 Aoû - 13:17


SECRET MEETING

gabriel & ana



Le souvenir de la Tornade la hantait chaque jour. Elle faisait partie des miraculés – car elle ne voyait pas d’autre terme à employer, ils étaient miraculés d’une pareille catastrophe. Tant de maisons détruites. Tant de vies emportées. Tant de dégâts à réparer. Cet épisode avait eu pour seul avantage la solidarité des habitants d’Edgewood. Tous étaient dans le même cas. Tous avaient perdu quelque chose, ou quelqu’un. Tous étaient prêts à donner du sien pour reconstruire la ville. La guerre entre les Sinaola et les Crowbar semblait en suspens – mais elle savait bien que ce n’était pas le cas. Elle n’entendait pas les rumeurs au QG des Sinaola, elle s’en moquait bien. Mais elle avait compris que, Esteban dans le coma, les Crowbar pouvaient prendre le dessus. Et bon sang, elle l’espérait de tout cœur. La peur lui vrillait le ventre et elle ne se sentait pas suffisamment forte pour oser trahir ses bourreaux. Si elle ne craignait plus pour sa propre vie, elle craignait pour celle de Stelian – car Esteban hors course, cela ne changeait en rien sa position au sein du club. Elle était une prostituée et ce n’était certainement pas Diego qui l’aurait libérée. Lui, qui était à l’origine de tout. Lui, qui n’hésitait pas à exiger ses services pour son propre intérêt. Lui, qui adorait lire la peur dans son regard et s’en délectait à chaque fois qu’il profitait d’elle. Non. Elle n’était pas sauvée juste parce que le grand Président des Sinaola avait sombré dans un sommeil profond – et peut-être même éternel. Elle était plus encore prisonnière de cette prison. Depuis la Tornade, certes, elle n’avait pas eu beaucoup d’occasions pour vendre son corps, et tant mieux. Mais les choses allaient vite reprendre son cours normal. Et si elle n’avait pas beaucoup croisé Benicio, son bourreau personnel, elle ne pouvait pas en dire autant de Diego – le nouveau Président. Il la commandait presque chaque semaine au moins une fois, et c’était le corps tremblant et l’estomac en vrac qu’elle y allait. Il ne la battait jamais. Diego n’était pas un pervers violent, juste un pervers sexuel qui ne semblait jamais se rassasier. Il n’avait encore jamais posé de questions quant à sa relation avec Esteban, et elle redoutait par-dessus tout cette question. Devrait-elle avouer au nouveau Président ce que son prédécesseur lui avait demandé ? Devrait-elle avouer qu’elle lui rapportait tout ce qu’elle entendait – bon et mauvais ? Devrait-elle avouer qu’elle « espionnait » pour lui le monde extérieur ? Elle avait décidé que non, elle ne dirait rien. Elle n’espionnerait plus.

Et si elle, de son côté, était épiée et surveillée de près, elle savait que deux endroits lui offraient la paix et la tranquillité : le Rital et le club de boxe. Les Sinaola ne s’aventuraient pas dans ce club dirigé par un de leurs ennemis, Zakk Dixon. Et ils ne pouvaient pas s’imposer dans les cuisines du restaurant où elle travaillait encore et toujours. Souvent, elle se demandait si Benicio n’était pas à l’origine du fait qu’elle avait pu garder son job malgré son statut chez les Sinaola. Ricardo ne la regardait plus comme avant, mais restait poli et courtois – avait-il été menacé ? Elle en aurait mis sa main au feu que oui. Benicio resterait une énigme éternelle pour elle, elle en était certaine. Bourreau un jour, bourreau toujours et pourtant… pourtant il lui arrivait de faire des choses démontrant que le Mal ne l’habitait pas entièrement. Démontrant un homme dépourvu de perversité. Elle était suffisamment intelligente pour ne pas être aussi naïve, mais c’était irritant et perturbant de découvrir ces diverses facettes chez un homme qu’elle se devait de détester – haïr même – sans y parvenir intégralement. Et pour évacuer toute cette frustration, cette peur et cette colère qui l’habitaient depuis des mois, elle n’avait pas trouvé meilleur sport que la boxe. Frapper, frapper et frapper encore. Il lui arrivait de rester plus de deux heures, à taper contre un punching-ball. On lui avait déjà proposé de s’entraîner avec une autre personne, de frapper quelqu’un plutôt que de frapper dans le « vide », mais ça ne l’intéressait pas. Les seules personnes qu’elle aurait souhaité cogner étaient intouchables. Elle se contentait donc de l’imaginer.

En sueur, elle cognait déjà depuis plus d’une demi-heure quand elle l’aperçut au loin. Cela faisait quelques semaines qu’ils se « croisaient » ici. Le seul endroit où elle se permettait de lui parler. Le seul endroit où elle était sûre qu’il ne se mettait pas en danger. En quelques semaines, il avait pris une place déjà beaucoup trop importante dans sa vie. Il était flic. Il était l’ennemi. Il était déterminé. Il était gentil. Il était patient. Il était trop parfait à ses yeux. Et il semblait vraiment avoir envie de l’aider. Elle avait beau éviter le sujet Sinaola, elle avait beau ne pas avoir envie de l’impliquer plus dans sa vie bordélique, chaque fois il revenait et chaque fois elle était faible pour lui dire de ne pas insister. Lui parler lui faisait du bien. Lui parler l’empêchait de sombrer dans la folie et les ténèbres. Lui parler lui faisait oublier dans quel merdier elle vivait depuis des mois. Lui parler adoucissait légèrement sa vie morose et sordide. Lui parler la rendait heureuse. Et être heureuse pour Ana, c’était inespéré. Alors elle lui adresse un sourire timide. Elle ne cesse pas de frapper néanmoins, attendant qu’il approche comme il le fait toujours et qu’il choisisse le punching-ball à ses côtés. « Salut, » lance-t-elle légèrement essoufflée. « Besoin de décompresser aussi, inspecteur ? » demande-t-elle en souriant. « Je ne pensais pas te voir ici si tôt, tu n’es pas en service ? » termine-t-elle avec un regard en coin, ne cessant pas de taper de ses petits poings. Plus le temps passe, plus elle se détend avec lui. Plus le temps passe, plus elle parle et se laisse aller à être elle-même.

Et ça fait un bien fou.








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MessageSujet: Re: secret meeting   Jeu 18 Aoû - 9:53

Gabriel avait bossé tard hier soir. Il était intervenu sur une mission destinée à choper une partie du réseau des Sinoala. Mais ils étaient tombés sur un leurre. Il n’avait rien trouvé en dehors d’une intense frustration. Cette enquête n’avançait pas : elle tournait en rond. Et parfois même, Gabriel avait l’impression que tout empirait. Tout avait commencé à son arrivée. Cette enquête non officielle avec Jarvan. L’envie de voir chuter les Sinaola, de les détruire de l’intérieur alors qu’ils foutaient la merde dans la ville. Le flic y avait mis toute son énergie, toute son âme. Les jours étaient devenus des mois sans pourtant être une longue période. Le boulot s’était révélé prenant et avec ça, il y avait eu des rencontres. Les gens de la ville s’étaient révélés accueillants malgré les tensions y régnant. L’atmosphère était pesante. Il ne faisait pas bon de s’attarder la nuit où ce clan faisait sa loi Entre trafic de drogue et prostitutions, les Sinoala étaient semblable à une gangrène rongeant de l’intérieur. Et ils étaient forts. Gabi l’avait bien vu lorsque le chef, Esteban Martinez, avait cessé d’assurer ses fonctions. Avec Jarvan, comme tant d’autres, ils avaient cru que tout s’arrêterait mais il s’était trompé. Au contraire, tout avait continué. Mais en pire. Il y avait eu un moment de découragement où le flic s’était sérieusement remis en question sur sa manière d’agir. Où avait-il échoué ? Qu’est-ce qui avait échoué ? il se posait encore tout un tas de questions sans parvenir à deviner réellement ce qui avait foiré. Il n’était pas quelqu’un à abandonner si facilement et de ce fait, il avait préféré se convaincre qu’il réussirait mieux la prochaine fois. Il ne lâcherait pas. Et il le fallait car il y avait ce nouveau chef et il semblait pire que tout. Rien n’était évident. Mais au moins, Gabi se disait que sa situation serait moins pire que celle d’Ana.

Elle avait pris une place, assez inattendue, dans son existence. Il ne s’y était pas préparé. Il l’avait rencontré dans le seul but de soutirer des informations. Elle était prostituée pour ce gang et elle semblait le mieux placé pour lui donner des informations. Mais finalement, il était rentré ce jeu de se faire passer pour quelqu’un d’autre avant de faire tomber le masque. Il lui avait dit qu’il était flic mais quelque chose s’était créé entre eux. Un lien. Et malgré tous les évènements, il avait continué à la voir, à comprendre ce qu’elle vivait, à l’écouter parler quand elle en avait envie. Ana était discrète. Elle n’était pas de ces femmes à raconter sa vie. Elle était secrète mais il s’en accommodait. Elle était devenue une source de réconfort, lui rappelant qu’il pouvait y avoir de l’humanité dans ce monde. Et elle avait été la première personne auquel il avait pensé lorsqu’il avait émergé d’un sommeil agité. A s’être couché tard, il avait mal dormi, se réveillant plusieurs fois dans la nuit. Finalement, il avait fini par se lever et s’était décidé à ne pas rester enfermé dans son appart. Il ne bossait pas d’ailleurs. Aujourd’hui, il avait envie de la voir peut-être pour libérer la frustration intense qu’il avait en lui. Une douche prise rapidement, il s’était habillé de manière sportive et finalement, il avait quitté la maison. Il s’était rendu au club de boxe où il était inscrit en tant que membre.

C’était plus simple de lui parler ainsi plutôt que de devoir se faire passer pour un client en manque de sexe. Surtout que bon, à prendre tout le temps Ana, il aurait pu s’attirer les foudres des Sinoala. C’était mieux au club. Il s’était donc rendu la-bas avant de chercher où elle pouvait être. C’est qu’à force de la côtoyer, il avait fini par savoir quand elle bossait, quand elle ne bossait pas. Déformation professionnelle. Il était flic et il retenait tout. Un sourire s’était affiché sur son visage tandis qu’il alla droit vers Ana. Elle était en pleine séance de défoulement contre un punchingball. Il prend place sur un autre boudin et attend qu’elle finisse. Lorsqu’elle s’arrête,  il lui sourit : « Salut toi.. » Murmura-t-il au cas où des oreilles indiscrètes traîneraient dans le coin. Il pouffa légèrement quand elle demanda s’il avait besoin de décompresser. C’est vrai qu’il en aurait bien besoin. Mais avec les temps courant, ça n’avait rien d’évident. Ana lui demanda alors s’il n’était pas en service. « On a fini très tard cette nuit. Alos, aujourd’hui, je récupère. Mais comme je ne me voyais pas tourner dans l’appart comme un chien enragé, j’ai préféré venir ici. » Et puis la voir aussi mais Gabi se garda bien de le dire. Il y avait une pudeur dans cette relation, une certaine forme de timidité que la peur entretenait. Il n’avait pas envie qu’Ana soit en danger du fait qu’elle parlait à un flic. Il ne savait pas encore si sa tête était véritablement connue de chez eux et seul Ana pourrait le lui dire. Mais il espèrait que cela n’arriverait pas. Car ne plus lui parler serait un crève-cœur. « ça va toi ? » Demande-t-il avec un sourire. « Je peux être ton punchingball si tu veux ! » Ajoute-t-il en jetant un œil à son sac se balançant légèrement encore meurtri par les coups donnés par Ana. « On a eu une intervention cette nuit. Mais ça n’ rien donné. A croire qu’ils étaient au courant de notre arrivée. » Ajouta-t-il d’une voix sombre. C’est vrai que l’idée d’une taupe l’avait effleuré mais il ne connaissait pas assez bien ses collègues pour oser formuler un tel affront.


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MessageSujet: Re: secret meeting   Ven 19 Aoû - 9:33

Elle s'estimait chanceuse de pouvoir encore continuer à vivre sa vie "comme elle l'entendait". Bien évidemment, cette liberté n'était que factice. Elle appartenait encore aux Sinaola, et ils n'étaient pas prêts de la laisser partir. Cela équivalait à lui laisser l'occasion de les trahir et d'aller parler à la police - elle en savait beaucoup trop à présent pour qu'elle s'imagine retrouver un semblant de liberté, la vraie. Pourtant, elle en savait si peu - pensait-elle amèrement. Oui, elle connaissait leur QG. Mais qui ne le connaissait pas ? Oui, elle était leur prostituée attitrée depuis des mois. Qui ne le savait pas ? Oui, elle était la seule à continuer de travailler en-dehors de ces nuits glauques, et la seule à pouvoir continuer à vivre chez elle. Mais pour combien de temps ? Combien de temps leur faudrait-il pour lui annoncer qu'à présent, elle ne bosserait que pour eux ? Combien de temps leur faudrait-il pour lui ordonner d'emménager dans leurs locaux ? Quitter son frère - quoiqu'il était à deux doigts de devenir leur prospect, ce qui la rendait malade - et ne plus voir ses amis ? Bien qu'elle se soit presque coupée de tout le monde, pour les protéger mais également se protéger elle-même des critiques et des regards incompréhensifs quant à ses choix de vie. Elle avait fini par accepter que ses choix l'avaient menée où elle était à présent, et qu'elle ne pourrait rien n'y changer. Ana n'était pas aussi fragile qu'on ne l'imaginait, et bien que les ténèbres l'entouraient, elle ne mettrait jamais fin à sa vie. Elle préférait se concentrer sur les côtés positifs de sa vie - bien qu'ils soient peu nombreux. Elle préférait croire que quelqu'un d'autre en ce bas monde, quelque part ailleurs, vivait pire situation qu'elle et qu'elle n'avait pas à se plaindre. Aussi gardait-elle son sourire et son optimisme. Aussi faisait-elle comme si tout allait bien. Aussi arrivait-elle à donner le change. Aussi parvenait-elle à garder la tête hors de l'eau. Ce qui en agaçait un en particulier, et en ravissait un autre.

Gabriel était comme une lumière dans sa vie. Elle n'avait pas du tout prévu de laisser quiconque l'approcher, préférant garder ses distances avec toutes personnes susceptibles d'être embarquées dans son merdier. Mais elle n'avait pas su repousser le jeune homme, elle n'avait pas su rester éloignée. Parce que justement, il faisait partie des points positifs de sa vie, et qu'elle en avait bien trop besoin, égoïstement sans doute, pour lui dire de la laisser tranquille et se montrer froide et distante. " Salut toi... " Même sa façon de s'adresser à elle, ce regard et ces yeux, lui mettait du baume au coeur. Comment pouvait-il la regarder ainsi en sachant ce qu'elle était et ce qu'elle pouvait faire dans une chambre du Devil ? Ne le dégoûtait-elle pas ? Elle n'oserait jamais le demander, par crainte d'en connaitre la réponse. Peut-être était-ce de la pitié, ou peut-être bien qu'il l'appréciait pour ce qu'elle était réellement. Peut-être avait-il perçu la réelle Ana. " Je comprends, y a rien de pire que de tourner en rond entre quatre murs. Puis, faut bien reconnaitre que ça fait un bien fou de se dépenser, " dit-elle légèrement essoufflée mais se sentant réellement bien à ce moment précis. Bien évidemment, il y avait d'autres moyens de se dépenser. Courir. La danse. Boire entre copines. Allez voir les Falcon jouer. Mais frapper dans un punching-ball, ça c'était libérateur. Libérateur d'une frustration trop présente. Libérateur d'une colère trop contenue. Libérateur d'une détresse camouflée. Et quand elle terminait ses séances, généralement elle se sentait plus légère et plus sereine - bien que ce ne soit que temporaire. " Ça va toi ? " La question qu'il lui posait toujours, sans penser à mal. Elle déglutit, avant de rire à sa proposition. " C'est très gentil de ta part, mais on sait tous les deux que je n'oserais pas cogner comme je le fais sur ce magnifique punching-ball, " dit-elle avant de l'observer de la tête aux pieds. " Bien que je ne risquerai pas de te faire grand mal... " Elle avait conscience que, pour s'améliorer et pour que cela soit efficace, il lui faudrait tôt ou tard s'entraîner avec une autre personne. Qui lui montre comment se défendre. Comment se battre réellement. Zakk Dixon était peu présent ces derniers temps, aussi ne pouvait-elle pas lui demander d'être son coach. Qui de mieux que Gabriel pour l'aider ? Mais non. Elle lui causait déjà suffisamment de tort en lui parlant et en lui accordant de l'importance pour enfoncer encore plus le clou. Son cerveau lui dictait de le fuir et de le décevoir pour qu'il l'abandonne. Son coeur lui dictait tout autre chose.

Lorsqu'il évoqua sa mission tombée à l'eau, elle se raidit légèrement. Elle savait parfaitement de quel genre de missions il parlait. Elle savait pertinemment de qui ils parlaient. L'envie de se confier était si intense qu'elle dû se mordre la langue presque à sang. Le risque était bien trop gros, trop dangereux et trop présent pour qu'elle se laisse aller et soulage sa conscience. A ses yeux du moins. Elle détesterait que cette situation ne les amène à se disputer et à se séparer. Pourtant, elle ne voyait pas d'autre issue sur le long terme. " J'imagine qu'en tant que flic, ça doit arriver souvent. De ne pas résoudre une affaire, je veux dire, " dit-elle doucement. " Un peu comme lorsque je rate un plat, " rit-elle légèrement, même si ça sonne faux et qu'elle se sent coupable d'esquiver la conversation sur ce sujet houleux. " Il faut juste recommencer, jusqu'à ce qu'on obtienne ce qu'on veut. J'imagine. Je parle de cuisine, ce n'est pas facile de comparer je sais... " S'emmêle-t-elle les pinceaux, comme chaque fois qu'elle n'est pas à l'aise. " Tu m'apprendrais ? " demande-t-elle impulsivement, passant du coq à l'âne et de façon peu subtile. " Je veux dire... à me défendre ? Je sais que je ne suis pas un poids lourd, mais je sais aussi que la taille ne compte pas quand on sait ce qu'il faut faire. Et... " Non, elle ne pouvait pas lui parler des clients pervers et violents que Benicio lui confiait. Non, elle ne pouvait pas lui dire que chaque semaine, au moins un soir, elle devait craindre pour son corps, son âme et sa vie. " Je pense que ça peut m'être utile, " dit-elle simplement alors.


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MessageSujet: Re: secret meeting   Sam 20 Aoû - 9:44

Elle était une bouffée d’air frais. Avec elle, il oubliait bien des choses. Il oubliait la ville. L’enquête. L’atmosphère lourde. Son divorce. Son ex-femme qui l’appelait parfois et auquel il n’y répondait pas. Il oubliait juste parce qu’elle riait ou qu’elle lui souriait. Il oubliait sa véritable condition, ce qu’elle était vraiment, ce corps qu’elle offrait en contrepartie d’une poignée de billets. Il oubliait ces détails comme il se disait souvent. Elle était juste un être humain. Et parmi ces ténèbres ayant fini par l’enrober, Ana était semblable à un halo de lumières. Il n’avait pas idée de ce qu’ils étaient. La réponse aurait pu être simple : amis. Oui, ce mot aurait pu prendre tout son sens si en vérité, Gabriel n’avait pas été flic et Ana, employée de l’ennemi. Ça les rendaient différents. Ils se trouvaient l’un en face de l’autre, ignorant le fossé entre eux, croyant à la dureté du pont leur permettant de se retrouver. Mais jusqu’à quel temps il tiendrait ? Jusqu’à quel moment, la vérité de leur condition les ramènerait à la réalité. Elle était si sauvage, si violente. Et Gabriel n’avait pas envie de le réaliser. Et malgré les avertissements que son cerveau lui lançait, il continuait à la voir, à lui parler, à se cacher derrière de faux artifices lui permettant durant l’espace de quelques heures de n’être qu’un simple homme parlant à une femme, oubliant qu’au-delà de quelques murs, régnait le chaos, les flammes. L’enfer dans toute sa splendeur. Mais pour l’heure, il se contentait de discuter avec elle, de prendre de ces nouvelles. Il était content d’être là, content d’entendre sa voix quitte à lui proposer de se transformer en punching-ball. Sa réponse le fit sourire. « Oh, j’ai connu des poings encore plus pires que les tiens. » Lui répondit-il en observant les fins doigts, la petite main toute fine. Ça ne devait pas faire très mal car la force d’Ana ne résidait pas dans ses attaques physiques mais dans son regard, son être entier, son caractère. Oui, elle était forte. Ça se voyait, ça se ressentait. Ana était capable d’encaisser beaucoup et c’était bien pour ça qu’il l’appréciait beaucoup.

Mais d’être avec elle ne lui faisait pas oublier l’échec de la mission d’hier et il lui expliqua comment il avait réussi à se faire avoir. Le lieu était vide. Il n’y avait plus rien. Tout avait été transporté dans un autre endroit très certainement et pourtant, la mission était confidentielle, les preuves sûres. Ils auraient dû arriver par surprise. Mais non. Au fond de lui, ça l’enrageait. Il détestait l’échec estimant qu’il en avait eu assez dans sa vie. Heureusement, Ana était là pour lui rappeler qu’être flic, c’était comme être cuisinier. On ratait et on recommençait. Le blond se mit à rire. « On m’avait jamais comparé à un cuistot mais maintenant que tu me le dis, c’est pareil en effet. » Lui répondit-il après avoir ri. « Alors je recommencerais et je finirais par les avoir. » Ajouta-t-il en s’étirant légèrement. Il l’observa se disant que si ce jour arriverait, il ferait en sorte de la protéger pour ne pas qu’elle soit incriminée dans cette affaire. Après tout, elle était liée à ces fous furieux mais elle demeurait innocente, victime d’un destin de merde. Gabriel y croyait, il voulait voir Ana libre. Il voulait que son sourire et son rire puisse ne jamais quitter son visage, libérée de ses chaines et de cette bande de sadique. Il suffisait simplement d’être motivé. Il ne faisait pas attention au trouble d’Ana, pris dans les mailles de ses propres pensées. Il revint juste sur Terre quand elle lui demanda de lui apprendre. « A quoi ? » Demanda-t-il en fronçant les sourcils. Elle voulait simplement se défendre.

Un sourire se greffa sur son visage. « Mais bien sûr. » Aquiesca-t-il, témoignant d’une motivation nouvelle. « J’espère juste que je n’aurais pas oublié comme expliquer les gestes. A force de les utiliser, c’est devenu machinal.. » Il se tut, réfléchissant un peu. « Bon déjà, tu dois connaître la fameuse technique de viser les parties intimes. Mais ça ne marche que si tu es face à moi, que si je suis un homme et que par conséquent, me frapper dans les couilles me foutra à terre. » Il se mit à pouffer de rire. « Mais si tu peux éviter de frapper hein… » Oui, parce qu’il n’avait pas envie d’avoir mal et à cet endroit là, la douleur avait tendance à être particulièrement extraordinaire. Il se racla la gorge, un tantinet gêné. « Ce que je vais te montrer est en soi très simple. Tout dépend de comment on t’agresse. A chaque geste, il y a forcément une technique d’autodéfense. Mais attention, le but n’est pas de te transformer en Xena la princesse guerrière mais de les assommer ou de les ralentir pour que tu puisses fuir. Sinon, tu peux aussi avoir une bombe lacrymo sur toi mais on va partir du principe que tu es la petite Ana sans défense et que moi je suis le méchant, ok ? » Il se déplaça alors, se mettant derrière lui. « Doooonc, je suis Gabriel et je trouve bien foutue et à mon gout. Forcément, j’ai décidé de ne pas te demander la permission. » Il se tut et finit par ajouter : « En vérité, je suis hyper gore dans mes mises en scène moi… » Il pouffe de rire et repris le ton professionnel. « Doooonc, je te trouve à mon gout et hop, je vais te sauter dessus comme ça. » Et là, il entoura le cou d’Ana d’un de ses bras tandis que l’autre s’enroula autour du haut de ses bras, la tirant contre lui pour la déstabiliser. La proximité était immédiate. Il sentait la chaleur d’Ana contre lui et c’était troublant même si en pro qu’il était en cet instant, il ignorait. « Tu vois comme ça, tu ne peux pas bouger. Tu ne peux pas me choper les parties intimes et me faire mal. Car au vu de ta position, cela voudrait dire de te tordre toi-même le bras. La technique est très simple. En faite, il y a deux. La premiière c’est d’utiliser le coude et de me taper à peu près en dessous du nombril. Car il y a l’estomac et je dois dire que cet endroit est assez sensible. Le deuxième c’est de me faire basculer en avant dans une technique de ninja. Mais ça demande de la force ou que je sois suffisamment assommé. » Son visage s’approcha de son oreille et il murmura d’une voix mielleuse presque pour la mettre en situation. « Alors petite Ana que décides-tu ? »


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MessageSujet: Re: secret meeting   Lun 22 Aoû - 8:09


" Consentez-vous à prendre pour légitime époux, dans la santé et dans la maladie, pour le pire et pour le meilleur, cet homme ici présent ? " Elle n'avait jamais imaginé se marier un jour. Elle n'avait jamais pensé aimer suffisamment fort un jour pour en avoir envie. Elle ne se mariait pas par amour. Elle n'était pas amoureuse de cet homme. Elle ne planifiait pas de construire sa vie avec cet homme, pas plus qu'il ne planifiait de l'avoir comme femme. Ce n'était qu'un heureux contrat, les satisfaisant pleinement l'un et l'autre. Il était un homme charmant, sociable et bien éduqué, sans compter qu'il était un futur héritier d'une grande entreprise de renom. Laquelle ? Elle s'en moquait royalement. Elle ne se mariait pas non plus pour son argent et sa renommée. Il était la fierté de sa famille - et principalement de son paternel, qui voyait en son fils l'espoir de voir son entreprise perpétuer. Et il était irrémédiablement gay. Alors que sa famille désespérait de le voir se marier, se posant certaines questions, il avait rencontré Ana dans son restaurant italien préféré où elle travaillait depuis peu. Il avait souhaité connaitre la jeune cuisinière qui lui avait concocté un plat délicieux - plus délicieux qu'à l'habitude encore. Ils avaient parlé un long moment, et il avait fini par découvrir qu'il ne lui restait plus que quelques mois avant qu'elle ne doive quitter le sol américain. Elle n'avait pas de papiers. " Je peux t'aider, si tu veux, " avait-il alors proposé après un long silence. Ils avaient décidé de s'entraider - aussi fou que cela leur paraissait. Il lui offrait la carte verte et la possibilité de rester sur le territoire américain sans craindre d'être expulsée. Elle lui offrait un mariage et l'assurance que sa famille le laisserait en paix par la suite. Ils n'auraient qu'à berner l'état, leur faisant croire que leur amour était sincère et fort - les mariages blancs n'étaient pas du tout pris à la légère aux États-Unis. Après plusieurs mois d'enquête et d'acharnement, ils avaient réussi. Et aussitôt sa carte en mains, elle avait choisi de parcourir le pays, laissant le soin à Michael de gérer sa famille et de trouver une histoire tenant la route. Il ne l'avait pas retenue, et ils ne s'étaient plus revus depuis.

Elle pensait très souvent à Michael. Non pas parce qu'il lui manquait, elle pouvait d'ailleurs difficilement le considérer comme un véritable ami, mais parce qu'elle se demandait souvent si sa vie aurait été différente si elle ne l'avait pas quitté. Si elle avait choisi de rester à Manhattan. Forcément. Avec des "si", on allait partout et on n'allait nulle part. Elle n'aurait pas obtenu ses papiers si elle ne l'avait pas rencontré. Elle serait peut-être rentrée dans son pays, avec Stelian, si elle ne l'avait pas rencontré, ni épousé. Mais elle avait choisi de voyager, de suivre son frère, de s'installer à Edgewood et d'y rester. Etait-ce le destin ? Quoi d'autre sinon ? Le regrettait-elle ? Peut-être. Peut-être pas. Après tout, certaines personnes l'aidaient à vivre et à survivre - et sans ces rencontres ou ces décisions, elle ne les aurait pas rencontrées. Gabriel faisait partie de ces personnes. Il était patient, délicat et ne la regardait pas comme une pauvre petite chose fragile ni comme une prostituée. Il la regardait comme une femme, un être humain, belle et méritant son intérêt. C'était bien plus qu'elle n'aurait pu espérer.


  • " On ne m'avait jamais comparé à un cuistot, mais maintenant que tu me le dis, c'est pareil en effet, "



Se moque-t-il amicalement en souriant. Elle ne peut que lui répondre en souriant,et en acquiesçant quand il lui confirme qu'il persistera pour les avoir. Les Sinaola. Elle a cessé d'y croire de son côté. Elle a cessé d'espérer. Mais elle est contente que lui, au moins, continue d'y croire et d'espérer. " La détermination, c'est la clé de tout. Ma grand-mère me le répétait souvent. " Elle ne parlait jamais de sa grand-mère, elle ne l'avait évoquée qu'à Benicio, sous le coup d'une impulsion. Mais Gabriel avais pris bien plus d'importance qu'elle ne s'accordait à l'admettre, et parler de la personne qu'elle avait aimé le plus au monde lui semblait tout à fait naturel. Coulant de source.

Elle n'avait pas imaginé lui demander son aide, pas ici, pas maintenant. Elle l'avait fait - encore une fois- sous le coup d'une impulsion. Afin d'éviter de déraper sur le sujet qui les avait amené à se rencontrer au premier abord. Mais il semblait très enclin, et plutôt content même, de répondre à sa requête. Ici, maintenant ? Surprise et désarmée, elle ne put que l'écouter et l'observer, le coeur battant. Elle ne pouvait s'empêcher de jeter un regard autour d'eux, s'assurer qu'ils ne risquaient rien, qu'aucune oreille malveillante n'était aux aguets. La salle était grande, et il y avait peu de monde à cette heure-ci - une chance ou pas, peu importait. Il tournait autour d'elle tout en lui expliquant les bases. " Je croyais que tu avais connu pire que mes petits poings, " plaisanta-t-elle lorsqu'il lui demanda de ne pas lui viser les parties intimes. Elle ne l'aurait jamais fait, mais elle n'avait pas besoin de le préciser. " Ce qui n'est pas totalement faux. Je suis sans défense - souvent - et... tu es le méchant, " dit-elle avec une grimace. Il lui était difficile de l'imaginer comme une personne vile et perverse, malveillante et prête à tout pour obtenir ce qu'il désirait. Il désirait des réponses depuis des semaines, et jamais, pas une seule fois, il ne les avait exigées de sa bouche.


  • " Doooonc, je suis Gabriel et je te trouve bien foutue et à mon gout. Forcément, j’ai décidé de ne pas te demander la permission. "


Elle ne bougeait pas d'un poil, l'écoutant et sentant sa présence derrière elle. Elle ignorait si son coeur battait la chamade parce qu'elle avait peur de ce qu'il avait l'intention de faire pour lui apprendre à se défendre, ou si elle était perturbée par sa proximité. Sans doute un mélange des deux. Elle se sentait tétanisée, et en même temps revigorée. Elle ria légèrement lorsqu'il pouffa de rire, s'excusant de ses mises en scène - elle allait lui répondre qu'il fallait bien qu'elles soient gores et réalistes pour mieux apprécier le cours quand il l'entoura de ses bras. Ce n'était pas romantique. Ce n'était pas un homme prenant une femme dans ses bras. Mais c'était tout aussi perturbant et électrisant. Ne portant qu'une brassière blanche et noire et un corsaire noir, elle le sentait presque sur sa peau et c'était bien plus perturbant que le fait d'être agressée. Elle se concentre alors, sur sa respiration et ses paroles. Les techniques. Les endroits à toucher. Les parties qui font mal. Avant de le sentir se rapprocher de son oreille, son souffle, et sa provocation.


  • " Alors petite Ana que décides-tu ? "


Que décidait-elle en effet ? Le faire basculer en avant semblait utopique - il devait bien peser le double de son poids, et elle manquait cruellement de force physique. La seule option, la plus logique et la plus fatale, semblait de viser l'estomac. Elle tourne légèrement son visage et se retrouve bien trop proche du jeune homme - mais c'est avec un sourire qu'elle lui répond. " Ce ne sont vraiment que les deux seules techniques ? Car il y en a au moins deux autres qui me viennent en tête, " dit-elle doucement. Elle ne provoque pas. Elle a bien pensé à deux autres choses. " Un coup de tête en arrière, écraser fortement le pied de mon adversaire... non ? " Et sans crier garde, elle lui assaine un léger coup dans l'estomac comme expliqué plus tôt. Pour aussitôt se retourner et s'assurer qu'elle ne lui avait pas fait mal. " Je suis désolée, je ne voulais pas te faire mal... Est-ce que ça va ? " demande-t-elle tandis qu'il se plie en deux. Elle n'a pas le temps de poser sa main sur son épaule qu'il la renverse sur le sol, en s'assurant qu'elle ne retombe pas lourdement mais délicatement. Quand elle comprend qu'il rit et qu'il s'amuse, elle ne peut s'empêcher de le frapper à l'épaule, comme pour lui dire que ce n'était pas drôle. " J'imagine que c'est quelque chose à laquelle je dois m'attendre en situation réelle. Sauf qu'il ne rigolerait pas, et moi non plus, " dit-elle en souriant. L'idée même qu'elle se fasse agresser n'était pas drôle ni réjouissante, mais autant dédramatiser. Elle ne pouvait se défendre qu'avec ses clients les plus nocifs et dangereux - et si elle savait les ralentir, elle n'aurait plus de problèmes pour sortir de la chambre et prévenir l'un des hommes. Elle préférait supporter leur colère plutôt que la violence et le sadisme de certains. Gênée d'être aussi proche de Gabriel, elle se racle la gorge et tente de se relever. Et il ne serait pas Gabriel s'il ne lui tendait pas la main pour l'y aider. " Merci. Et sinon... même si je ne t'ai pas fait mal, est-ce que j'ai bien visé ? " demande-t-elle tout sourire.


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MessageSujet: Re: secret meeting   Mer 31 Aoû - 12:20

Il se rapprocha d’elle et ce contact eut pour effet de l’électriser un peu trop. Il avait la chair de poule et son rythme cardiaque s’était accéléré sans qu’il ne comprenne réellement pourquoi. Gabriel mettait ça sur le compte de l’adrénaline, sur l’excitation à l’idée de s’entraîner et de s’échauffer. Qui plus est, cet entrainement se faisait dans de bonnes conditions. Il n’avait rien à craindre d’Ana. Il avait appris à lui faire confiance sans jamais aller au-delà de ce cette entente qu’il y avait entre eux. D’un commun accord, sans que les mots ne puissent être obligatoirement prononcés au détour d’une conversation, Gabriel avait choisi de ne pas chercher à en savoir plus. Il l’avait rencontré dans un but bien précis et tout avait changé. Ana était un être humain et puis, la seule idée même de pouvoir se servir d’elle, avait fini par lui paraître insupportable. Alors, il était plus facile de faire semblant, plus facile de la voir, de rire et de parler avec elle. Ce contact lui faisait du bien, elle était réservée, auréolée d’un mystère demeurant entier. Il ne connaissait rien d’elle et pourtant, il l’appréciait. Et dans ses gestes, Gabriel témoignait de cette affection. Il essayait de se montrer doux et de faire attention. Il n’était pas là pour lui faire mal, se disant qu’elle devait surement en baver le soir, lorsqu’il fallait qu’elle se « mette en service ». Il essayait de ne pas y penser, encore moins de se l’imaginer. A force, cette pensée lui était devenue insupportable. Il préférait l’aider à sa manière, à défaut de savoir où le cœur du problème se trouvait. Il n’avait jamais cherché à la faire parler. Existait-il une solution ? Peut-être bien que oui, peut-être bien que non. Il respectait ce silence, voilà tout.

Cette proximité était la première depuis leur rencontre, celui où Ana avait laissé ses mains devenir inquisitrices et baladeuses. Depuis, il y avait eu ce respect instauré entre eux. Et son esprit s’embruma un peu trop. Le corps frêle contre lui semblait si fin et délicat, qu’il se demandait, durant un instant, s’il n’était pas en train de faire une connerie. Heureusement, Ana était là pour lui permettre de se reconcentrer. Ils étaient prêts à entamer l’exercice et les questions le firent sourire. Taper avec sa tête ou le pied. Il ouvrit la bouche pour lui répondre. « Tu peux avoir plein de… Aaaah ! » S’exclama-t-il quand il se prit, soudain, un coup dans l’estomac. Son corps se plia automatiquement et la jeune femme se retourna, inquiète de savoir s’il avait eu mal ou non. Mais tout geste, toute réaction restaient un moyen de survivre. Et un sourire se greffa sur son visage lorsque sans crier gare, il se redressa tout en attrapant sa main et la fit basculer par terre. Bien sûr, il n’y alla pas comme un bourrin et prit soin de la faire atterrir en douceur. Ce n’était pas le moment de se péter la figure et de se faire mal. Son sourire témoignait de sa bonne humeur, les yeux pétillant de malice. La réaction d’Ana ne se fit pas attendre et il se prit un léger coup à l’épaule. L’ambiance était bonne enfant. « Tu peux rencontrer de tout. Comme je te disais, le but n’est pas de sa battre ou de mettre ko. Tu dois surtout retarder et fuir. Alors, si tu m’as fait mal… Et bien tu dois en avoir rien à foutre et ta barrer. » Et Gabriel lui tendit la main pour l’aider à se relever. Sa main se greffa à la sienne et le seul contact le fit frissonner, un peu comme s’il avait eu un mauvais pressentiment. « Bien joué pour le coup de la surprise. Je ne m’y attendais pas du tout. La seule chose à retenir… C’est que ton adversaire peut tout autant l’utiliser. » Ajouta-t-il en faisant référence à sa riposte. Ce fut tout aussi simple pour lui et ce n’était pas le poids plume qui aurait pu l’empêcher de la mettre à terre.

Cette dernière sembla s’inquiéter de lui avoir fait mal à l’estomac. Mais il opina négativement du chef. « Ne t’inquiète pas. Tu ne m’as pas fait mal. J’étais juste surpris. T’as déjà bien compris les bases de l’autodéfense. » Lui répondit-il avec un sourire. Sa main se posa brièvement sur son épaule qu’il serra avant de pivoter. C’est d’un ton joyeux qu’il prit de nouveau la parole « Et t’as gagné le droit de te déshaltérer. » Et se tournant en demi-tour, il lui lança une bouteille d’eau qu’il venait de prendre contre une étagère. « Tiens » Dit-il tout en buvant une gorgée de sa propre bouteille. C’est que le temps était sec dehors et la chaleur étouffante. Il avait tout le temps l’impression d’être assoiffé et visiblement, il ne deviendrait jamais un enfant du désert. Le climat du Texas était bien différent de son état natal. « Et pour répondre à ta question. Utiliser la tête ou le pied, c’est bien. Mais il y a de meilleurs taux de réussites avec mes techniques. La tête, tu pourrais te faire mal. Et le pied, il faudrait qu’il soit pied nu pour être sûr que ton agresseur douille. » Il se tait, l’observant sans rien dire. « Enfin, j’espère pour toi que tu n’auras jamais à devoir te défendre. » Ajouta-t-il, ses sourcils se fronçant légèrement. La ville n’était pas des plus paisibles ces derniers temps et les méfaits se multipliaient. Il n’y avait pas forcément des latinos. Tout ce qu’il voyait, c’est qu’à Edgewood, tout se dégradait. « Dis, Ana. » Il l’observa, durant quelques secondes avant d’enchaîner. « Les choses sont en train de prendre une sale tournure en ce moment. Je le vois bien au travail. Tout est en train de s’empirer. On a de plus en plus de problèmes à croire que la mort de l’autre couillon n’ait servi qu’à empirer les choses. » Il se tut, toujours empli de cette hésitation. Il évoquait un sujet qu’ils n’abordaient jamais. « ça ne s’est pas empiré pour toi au moins ? » Demanda-t-il tout en sachant que si la réponse se révélait positive, il serait capable d’y mettre son grain de sel. Petit à petit, il réalisait qu’il l’appréciait et que l’idée qu’elle puisse être malmenée lui procurait une envie furieuse de tout casser.


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MessageSujet: Re: secret meeting   Ven 2 Sep - 11:30


Il était difficile pour une prostituée - même débutante et inexpérimentée - d'éprouver du désir. Quoique Ana ait rencontré certaines de ses collègues qui semblaient être là par choix et avec joie - cela la dépassait. Ana appréciait le sexe à sa juste valeur. Elle avait aimé le sexe avec chaque homme qu'elle avait pu rencontrer avant Edgewood. Elle avait haï le sexe dès l'instant où elle avait rencontré Esteban Martinez. Elle avait haï le sexe dès l'instant où Benicio "El Huron" Alvarez l'avait vendu au premier pervers désirant abuser d'elle. Éprouver du désir et être sexuellement attirée par un homme lui semblait dérisoire et impossible désormais. Comment cela pourrait-il être possible ? Comment pouvait-elle avoir envie d'être touchée ? Comment pourrait-elle avoir envie d'être aimée ? Chaque mains posés sur son corps durant ces derniers mois lui donnaient envie de vomir et de se cacher sous terre. Son âme avait beau se battre et vouloir rester positive, son corps, lui, la trahissait et lui rappelait dans quel cauchemar elle vivait. Pourtant, pourtant elle éprouvait du désir. Pourtant, pourtant son corps réagissait de manière agréable au contact de Gabriel. Pourtant, pourtant ce n'était pas des frissons d'horreur qui parsemaient sa peau. Pourtant, pourtant ce n'était pas la peur qui faisait battre son coeur. Elle ignorait comment, mais il parvenait à la rendre plus humaine et plus femme, et à ses yeux c'était miraculeux. Sa proximité ne la gênait pas. Sa proximité ne l'intimidait pas. Sa proximité ne l'effrayait pas. Plus il était proche, plus le monde extérieur disparaissait. Et Ana avait tellement besoin de faire disparaitre le monde extérieur. Oui, Gabriel pouvait facilement prendre une place plus qu'importante dans sa vie, et si cela lui remontait le moral et lui rendait espoir - sa vie n'était pas aussi morose après tout - cela lui faisait également très peur.


  • " Tu peux rencontrer de tout. Comme je te disais, le but n’est pas de sa battre ou de mettre ko. Tu dois surtout retarder et fuir. Alors, si tu m’as fait mal… Et bien tu dois en avoir rien à foutre et te barrer. "


Se barrer ? Où ? Elle n'avait nulle part où se cacher finalement. Elle était piégée. Si un homme osait lever la main sur elle, elle ne pouvait pas aller plus loin que le pas de la porte, où un Sinaola l'attendrait sagement. Si elle avait de la chance, il renverrait le sadique chez lui sans son dû. Si elle avait la poisse, il la jetterait sauvagement dans la chambre pour qu'elle termine. Mais elle ne peut rien raconter à Gabriel. Comment la regarderait-il s'il savait quel genre de mains se posaient sur elle chaque semaine ? Comment la regarderait-il s'il savait qu'elle était soumise, sans rien pouvoir n'y faire ? Mais ne le savait-il pas déjà ? Elle lui répond en souriant, car sourire, elle sait faire. Ses yeux ne mentent jamais cependant, et son sourire peut paraitre illusoire et fade. Pourtant, à cet instant, il est sincère et naturel car ici elle se sent en sécurité. Il la félicite et lui accorde le droit de se désaltérer, ce qui la fait rire - elle avait oublié ce que c'était que de passer un bon moment avec un homme, un moment innocent et spontané, sans sexe, sans parjure, sans gêne. " Merci, " dit-elle en ouvrant la bouteille qu'il lui lance et en en buvant quasiment la moitié. Quand elle venait ici, elle éprouvait un tel besoin de se dépenser et de cogner qu'elle en oubliait de boire suffisamment d'eau.


  • " Enfin, j’espère pour toi que tu n’auras jamais à devoir te défendre. "


Elle ne s'en rend peut-être pas compte, mais elle se crispe et ses muscles se tendent - et ça se voit. Se défendre était devenu un automatisme, même si elle ne connaissait pas encore toutes les techniques dont parlait Gabi. Elle se reprendre et lui adresse un sourire qui se veut rassurant, mais les secondes passées ne mentent pas. " Ne t'inquiète donc pas, " répond-elle alors, " si j'ai pu te surprendre, je peux en surprendre d'autres. " Elle pourrait lui dire que tous les hommes avec qui elle couche ne sont pas forcément des brutes. Elle pourrait lui dire qu'elle ne rencontre pas "que" des tarés. Elle pourrait le rassurer et lui dire qu'en ce moment, c'est plutôt calme. Mais elle ne sait pas mentir, alors elle se tait et esquive. C'est toujours mieux que de voir son regard se voiler et être gêné pour elle.

Puis le moment fatidique arrive. Ils avaient beau éviter le sujet depuis leur rencontre, ils savaient pertinemment tous deux que ça finirait par arriver. Qu'il existait un fossé trop important et trop imposant entre eux. Combien de fois avait-elle imaginé cette conversation ? Combien de façons différentes avait-elle imaginé cette conversation ? Elle avait cessé de compter. Il était flic. Elle était pieds et poings liés aux Sinaolas - si elle osait les trahir et parler de quoique ce soit les concernant, elle mettait son frère en danger. Mais également tous ceux à qui elle tenait - dont Gabriel. Et pour finir, sa propre vie. Puis, elle eut une pensée pour Benicio. Benicio n'était pas un enfant de coeur. Benicio n'était pas son ami. Benicio n'était pas son amant. Benicio n'était pas son frère, ni son père. Benicio était son bourreau attitré et semblait éprouver un pur plaisir que de la voir souffrir. Pourtant, à travers ce mal-être elle percevait fort bien l'homme derrière sa haine et sa colère. Elle percevait le bien à travers le mal. Peut-être était-elle masochiste. Peut-être était-elle folle. Peut-être avait-elle succombé au syndrome de Stockholm. " Le coma. Tu veux dire le coma, il n'est pas mort, " précise-t-elle d'une petite voix. Esteban ne mourrait pas aussi facilement. Il faisait partie de ces gens qui avaient la rage de vivre et qui, faisant le mal si bien, ne parvenaient pas à en payer le prix. Même si, actuellement, il le payait plutôt bien. " Je ne sais pas quoi te répondre, tu sais, " finit-elle par dire, relevant son regard vers celui, océan, de Gabriel. " Je ne peux pas te dire que ça empire, mais je peux te dire que ça ne change rien. Je ne peux pas te dire qu'ils sont dans une mauvaise passe, mais ils sont aussi affectés par ce qui se passe que tout le monde. Je ne peux pas te dire ce qu'ils font, tout simplement parce que je l'ignore... Je... " Non, elle se tait. Elle en dit déjà trop. Elle ne devrait même pas parler de son statut chez eux. Elle ne répond pas aux remarques désobligeantes qui se sèment sur son passage. Elle ne répond pas aux regards malveillants qu'elle croise. " Je déteste que tu saches qui je suis et ce que je fais, " dit-elle simplement, démunie et impuissante. " Tu ne devrais pas être ici, à me parler et à m'apprendre à me défendre, " continue-t-elle, réalisant d'autant plus le danger dans lequel elle place Gabriel.




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MessageSujet: Re: secret meeting   Ven 16 Sep - 18:20

Les choses dérapaient sérieusement et tout prenait une tournure plus que désastreuse. En sortiraient-ils indemnes? Gabriel l'ignorait. Il avait fini par cesser de se faire des noeuds au cerveau. Ca n'apportait pas de solutions. Ca le bouffait et finalement, il préférait se borner à de simples inquiétudes vis-à-vis des gens l'entourant. Ce n'étais pas évident. Il fallait beaucoup de sang froid. Il s'en sortait comme il le pouvait. Il avait parfois l'impression de s'être foutu dans un merdier sans nom, d'avoir dit oui trop vite. Mais il en avait eu besoin au moment de son arrivée. Et puis, les choses ne s'étaient passées comme il le voulait. Et si les choses s'étaient présentées comme une simple affaire de gang, désormais, rien ne se présentait ainsi. Tout était différent tel le ciel se noircissant un peu plus au fur et à mesure que l'orage approchait.  Il avait de mauvais pressentiments. Et pourtant, il était optimiste, il se forcait à l'être. C'était dans sa nature. Etait-ce un défaut déguisé en qualité? Sans doute, Gabriel était naïf à sa manière. Il avait tendance à voir le bon partout même quand il n'y était pas. C'est ce qui permettait de parler sans gêne à Ana. Pourtant, il fallait appeler un chat, un chat. Et il ne pouvait pas dissimuler ce qu'Ana était vraiment. Mais il n'était pas homme à s'arrêter à cela. Il était capable de voir au delà de l'apparence. Elles étaient trompeuses bien souvent. Et il appréciait Ana. Beaucoup trop sans doute mais suffisamment pour s'inquiéter pour elle. Le cours de self-défense n'avait rien d'anodin. Il se doutait bien que cela pourrait lui suffire. et pourtant, il espérait que ce ne fut jamais le cas. Et forcément, il aborda le sujet. Par inquiétude. Par réflexe. Il voulait savoir. C'était normal et il avait fini par considérer Ana comme une amie, comme quelqu'un d'important pour qu'il puisse s'en inquiéter. C'était normal.


« Pour moi, c'est comme s'il était mort. » Déclara-t-il d'un ton abrupt au sujet d'Esteban Martinez. Après tout, il était dans le coma mais ses chances de réveil étaient minces et tant mieux. Il valait mieux que le chef reste ainsi. Mais il y avait ce nouveau. L'organisation n'avait pas chuté. Ce groupe était là, plus endurci que jamais. Du moins, c'est qu'il paraissait. Il en aborda le sujet avec Ana. Mais ses réponses étaient trop évasives. Il n'y avait rien à en tirer, rien lui permettant de s'assurer qu'Ana ne prenait pas de risques, qu'elle allait bien. Le "bien" était cependant mal placé. Pouvait-elle dire que tout allait bien? C'était si large. Elle était forte. Mais pour combien de temps? Sa situation n'était pas sécurisante. Ils avaient déjà abordé le sujet et Gabi n'en avait plus reparlé depuis. Y compris sur la possibilité de fuir, de cesser tout cela, profiter de l'obscurité régnant. n'était-ce pas le moment de profiter alors que tout semblait en constant mouvement? Toutefois, la réponse d'Ana fut surprenante et le flic ne cilla pas une seule fois lorsqu'elle évoqua son propre danger à traîner avec elle. Il fronca les sourcils ne sachant pas très bien où elle voulait en venir. Il réfléchissait à ses propos. Elle n'avait pas tord d'un certain point. « Ce n'est pas à toi d'en juger.. » Se contenta-t-il de dire, le regard dans le vague. il cherchait ses mots, quand bien même, il jugeait sa réponse un peu sèche. Son regard se plongea dans celui de la roumaine. « Ce que je veux dire par là, c'est que j'ai bien conscience de ce danger. De toute manière, je n'ai pas besoin de te connaître pour ça... J'y suis à partir du moment où j'ai accepté de bosser sur le dossier avec mon chef. J'ai pris conscience à partir de ce moment-là que tout serait périlleux. Et effectivement, c'est le cas. » Un soupir franchit ses lèvres. Il était dans un merdier mais il le savait. Il ne pouvait le nier. Mais il ne voulait pas que cela puisse créer des problèmes à Ana. « En revanche, si tu estimes que cela te met en danger. Je comprends très bien que tu ne souhaites plus que l'on se voit. Ca me ferait chier mais je comprendrais. » Les derniers mots étaient dits sur un ton détaché, le regard se détournant de la cible. Il but une gorgée d'eau pour dissimuler sa gêne. « D'une manière ou d'une autre, nous sommes dans la merde. Peut-être qu'ils nous épient. Peut-être qu'ils ont déjà décidé que dans trois jours, on se fera descendre. La seule chose à retenir c'est de savoir si tu veux réellement affronter le problème seule ou non. Après, tu peux penser, effectivement, que cela aggrave plus le cas de tout le monde. » Le regard azur revint se plonger dans la noirceur de ses yeux. « Je comprendrais. » Deux mots. Il ne se contenta pas de plus. De toute manière, il n'était pas détenteur de la vérité. La seule chose qu'il comprenait, c'est que tout était flou, plongé dans un illustre brouillard dans lequel il ne savait s'il en sortirait vivant ou non. Il pouvait tout arrêter, s'en aller de cette ville avant que tout ne devienne un foutoir sans nom. La question restait entière: le voulait-il vraiment? Ca, il n'en était pas sûr.



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MessageSujet: Re: secret meeting   Dim 18 Sep - 21:15


L'espoir, c'était quelque chose d'abstrait. L'espoir, c'était quelque chose qui, autrefois, la maintenait en vie et lui permettait de voir les choses du bon côté. L'espoir, c'était sa philosophie avant Edgewood. Elle avait été malmenée un certain nombre de fois dans sa vie, entre la mort brutale de ses parents, la séparation d'avec son frère alors qu'ils n'étaient que des enfants, la mort de sa grand-mère et la responsabilité de garder son frère sur le droit chemin - et à présent sa vie chaotique. Elle n'était pas frigide. Elle n'était pas provocante. Elle n'était pas une marie-couche-toi-là, mais n'était pas non plus une nonne. Elle était une jeune femme du vingt-et-unième siècle, tout ce qu'il y a de plus normal. Elle était pleine de vie. Elle était une combattante. Elle avait choisi depuis longtemps de la voir la vie le plus positivement possible - de croire en l'humanité, de croire en l'Homme. De croire aux bons côtés des gens. Combien de personnes avait-elle rencontrées et lui avaient prouvé que c'était possible ? Combien de personnes malhonnêtes et désagréables avait-elle rencontrées, et qui s'étaient finalement avérées tristes et mal dans leurs peaux ? Oui, le Mal existait, et elle n'était pas naïve au point de croire qu'elle était à l'abri de ce même Mal. Mais elle avait toujours cru possible de le combattre et de le vaincre. N'était-ce pas ainsi que ça se passait dans les films et dans les livres ? En tout cas, dans les romans qu'elle dévorait, le Bien triomphait toujours - et c'était libérateur et vital pour elle de le penser et d'y croire. Est-ce que Gabriel était celui qui l'aiderait à sortir de cet enfer ? Était-ce lui qui la libérerait des griffes de ces criminels ? Était-ce lui qui parviendrait à la protéger contre tous ? Était-ce en lui qu'elle devait avoir confiance et qu'elle devait enfin se confier ? Était-ce avec lui qu'elle devait prendre tous les risques, de sa vie à la sienne ?


    " En revanche, si tu estimes que cela te met en danger. Je comprends très bien que tu ne souhaites plus que l'on se voit. Ça me ferait chier mais je comprendrais. "


Ainsi, ils y arrivaient. A ce moment fatidique. A ce moment tant redouté. A ce moment tant attendu. Et peut-être même tant espéré. Jarvan, le Shériff Adjoint, avait tenté sa chance auprès d'elle. A cette époque, elle était encore trop apeurée, trop craintive, trop persuadée que rien ni personne ne pouvait l'aider. Aujourd’hui, elle le pensait encore ardemment. Mais les Sinaola étaient été affaiblis par la Tornade et l'accident d'Esteban. Ils perdaient un être important, un chef important et un pion de taille - et cette faiblesse les rendait vulnérables. Elle avait bien perçu leur désarroi. Elle avait bien perçu leur tension - même les responsabilités et la gestion de leur trafic en pâtissaient. Mais avec Diego qui reprenait les rennes du monstre, monstre lui-même, les choses n'allaient pas tarder à se stabiliser et l'enfer continuerait - plus puissant et plus fort que jamais. Devait-elle faire confiance à Gabriel ? Devait-elle jouer double jeu, espionner les Sinaola et tout lui rapporter en cachette - de façon très discrète pour ne pas les mettre en danger ? Était-elle prête à jouer cette carte ? Était-elle prête à se battre pour sa vie et sa liberté ? A cet instant, elle prit conscience d'une vérité, une vérité si forte qu'elle en resta bouche bée.

    D'une manière ou d'une autre, nous sommes dans la merde. Peut-être qu'ils nous épient. Peut-être qu'ils ont déjà décidé que dans trois jours, on se fera descendre. La seule chose à retenir c'est de savoir si tu veux réellement affronter le problème seule ou non. Après, tu peux penser, effectivement, que cela aggrave plus le cas de tout le monde.


La vérité était là. Qu'elle parle ou non, tout pouvait arriver. Qu'elle parle ou non, la mort était à leur porte. Qu'elle parle ou non, il y aurait des morts, des blessés, des pertes. Qu'elle parle ou non, le risque était là. Qu'elle parle ou non, elle vivait déjà un enfer. Elle avait le choix entre se cacher et se persuader qu'elle protégeait tout le monde, ou se battre et prendre le risque de mourir en le faisant. Était-ce une vie qu'elle avait actuellement ?

Non.

" Si je te dis tout ce que je sais. Si je te dis absolument tout ce que je sais - et crois-moi, j'en sais que trop peu - je nous mets tous en danger. Je suis une piètre menteuse, tu sais. Je suis un livre ouvert pour tous. Si j'ose tout te dire, tout te rapporter, je ne souhaite rien savoir de vôtre côté. Je ne veux pas savoir vos plans, vos idées, ni ce que vous comptez faire tel jour, à telle heure. Je ne veux pas prendre le risque qu'ils me coincent et me posent des questions - car crois-moi, ils le feront s'ils ont le moindre soupçon. " Les dés étaient jetés. Elle lui parlerait. Elle se confierait. Elle lui dirait tout. Parce qu'elle en avait besoin. Parce qu'elle était fatiguée. Parce qu'elle devait agir et non plus être lâche. Elle évacua un stress trop longtemps contenu en soufflant, avant de s'avancer vers un banc à l'écart du peu de personnes présentes dans la salle. Au loin, on pouvait percevoir la porte arrachée et le soleil qui cognait fort sur Edgewood, mais ils étaient à l'abri des regards indiscrets. " Je ne sais pas par où commencer... " dit-elle finalement, terrifiée et re-boostée à la fois.



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secret meeting
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